une guerre brutale, qui franchit un seuil historique
28 février 2026, une nouvelle phase de confrontation s’ouvre au Moyen-Orient, à l’instar des soubresauts précédent qui perdurent. Les Etats-Unis et Israël lancent une vaste campagne de frappes aériennes contre l’Iran, visant des infrastructures « militaires et stratégiques ».
Selon les autorités américaines, plusieurs milliers de cibles auraient été frappées en quelque jours (Pentagone, mars 2026 cité par Reuters et associated Press).
La riposte iranienne ne se fait pas attendre : des missiles et des drones sont envoyés vers Israël et les bases américaines dans tout le Moyen-Orient.
Très vite, le conflit passe d’un simple épisode de tensions régionales à une crises internationale majeure, susceptible d’embraser toute la région.
la mise à l’epreuse du droit international
Depuis 1945, la règle en droit internationale est claire : le recours à la force est interdit dans les relations internationales.
Ce principe est inscrit à l’article 2§4 de la Charte des Nations Unies.
Deux exceptions seulement existent :
- La légitime défense en cas d’attaque armée (article 51)
- L’autorisation du Conseil de sécurité.
Cependant, dans le contexte actuel,
- aucune résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies n’a autorisé l’intervention militaire contre l’Iran
- les USA et Israël ne sont pas non plus dans une position de légitime défense
La justification de l’attaque repose essentiellement sur l’argument de la légitime défense préventive, invoquée par Israël et les Etats-Unis, face à ce qu’il considère comme une menace stratégique iranienne.
Mais cette doctrine de la légitime défense préventive est extrêmement contestée en droit internationale. En effet, la jurisprudence de la Cour internationale de justice exige généralement l’existence d’une attaque armée réelle ou imminente.
Il y a donc « violation du droit international par les Etats-Unis et Israël.
une guerre qui fragilise l’ordre international
Au-delà de la question juridique, cette crise révèle une réalité plus profonde : le droit international peine à encadrer l’usage de la force lorsque les grandes puissances sont impliquées.
Depuis la fin de la guerre froide, plusieurs interventions militaires ont déjà contourné le droit onusien :
- La guerre du Kossovo en 1999
- La guerre en Irak en 2003
- La guerre en Lybie en 2011
- La guerre en Syrie en 2014
A chaque fois, les arguments invoqués étaient différents : intervention humanitaire, lutte contre le terrorisme, responsabilité de protéger ou sécurité nationale.
Mais le résultat est le même : érosion progressive du principe d’interdiction du recours à la force.
les civils, premières victimes de la géopolitique
Comme dans la plupart des conflit armés modernes, ce sont les populations civiles qui paient le prix le plus lourd.
Des organisations comme Human Rights Watch ont déjà demandé l’ouverture d’enquêtes sur certaines frappes ayant touché des infrastructures civiles, notamment une école en Iran.
Si ces attaques étaient jugées indiscriminées ou disproportionnées, elles pourraient constituer des violations du droit international humanitaire, voire des crimes de guerres.
Une escalade aux conséquences mondiales importantes
Cette guerre ne concerne pas que le Moyen-Orient.
Elle a des répercussions mondiales importantes qui sont déjà visibles :
- Risque du blocage du détroit d’Ormuz par lequel transite environs 20% du pétrole mondiale (US Energy Information Administration, 2024)
- Flambée des prix de l’énergie dans le monde
- Polarisation géopolitique entre puissances occidentales et rivales
En clair, ce conflit pourrait reconfigurer l’équilibre stratégique mondial.
Conclusion
L’histoire récente nous l’enseigne : lorsque les grandes puissances entrent en guerre, le droit international devient bien souvent une variable d’ajustement.
La guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran pose des questions fondamentales :
Le droit international est-il encore capable de limiter la guerre ?
Mieux, le droit international existe réellement encore ? dans l’affirmative, n’existe-t-il que les pays pour les pays dits « faibles » ?
Car si la logique des frappes préventives et des interventions unilatérales s’impose durablement – et généralement du fait des pays dits « forts » contre les pays dits « faibles » - alors l’ordre international né en 1945 – fondé sur la Charte des nations Unies – risque de se transformer profondément et de céder la place à la réalité plus ancienne : celle où la puissance militaire prime sur la règle de droit.
Et dans un monde nucléaire, cette évolution pourrait s’évérer très dangereuse.
La question n’est plus seulement militaire ou diplomatique ; elle est civilisationnelle :
Le XXIe siècle sera-t-il gouverné par le droit… ou par la force ?