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« Je ne souhaite plus rester dans le silence » : la parole courageuse d’Esther Koho

Esther Koho, survivante de violences sexuelles de masse, a livré un témoignage bouleversant à Paris. Le colloque AJMASI x WHAT ABOUT CONGO a décrypté le viol comme arme de guerre dans l’Est de la RDC. Analyses, récits, et appel clair : le silence international n’est plus tolérable.

Ousmane Soro
Ousmane Soro éditorialiste politique internationale - Axinfos
3 min de lecture 214 vues
<p>Une parole qui ouvre le colloque</p> <p>&laquo; Je ne souhaite plus rester dans le silence. Le moment de v&eacute;rit&eacute; est arriv&eacute;. &raquo;</p> <p>Ces mots, prononc&eacute;s avec force par Esther Koho, survivante de violences sexuelles de masse, ont donn&eacute; le ton du colloque organis&eacute; samedi dernier par l&rsquo;AJMASI (Association des Jeunes pour la Mise en Avant de l&rsquo;Afrique sur la Sc&egrave;ne Internationale) et l&rsquo;association WHAT ABOUT CONGO dans l&rsquo;amphith&eacute;&acirc;tre de l&rsquo;&Eacute;cole des Hautes &Eacute;tudes Internationales et Politiques (HEIP) &agrave; Paris.</p> <p>&nbsp;</p> <p>Une salle pleine, une attention totale</p> <p>La salle &eacute;tait pleine : amis du Congo, membres de la diaspora, jeunes engag&eacute;s et soucieux des probl&eacute;matiques qui minent l&rsquo;Est du pays. Tous &eacute;taient venus &eacute;couter, comprendre, t&eacute;moigner, et refuser l&rsquo;indiff&eacute;rence.</p> <p>&nbsp;</p> <p>AJMASI : porter les r&eacute;alit&eacute;s des &ldquo;54 Afriques&rdquo;</p> <p>En ouverture, Aboubakar Kon&eacute;, pr&eacute;sident de l&rsquo;AJMASI, a rappel&eacute; la mission de l&rsquo;association : porter les r&eacute;alit&eacute;s du continent africain, mettre en avant la richesse des &laquo; 54 Afriques &raquo;, valoriser leurs qualit&eacute;s tout en soulignant les difficult&eacute;s encore trop ignor&eacute;es par le reste du monde. Pour lui, la crise congolaise poss&egrave;de plusieurs facettes, mais la plus urgente reste le drame humain. Il a insist&eacute; sur la responsabilit&eacute; collective : &laquo; la souffrance n&rsquo;a pas de nationalit&eacute;, et comprendre le Congo doit devenir une affaire de transfrontali&egrave;re. &raquo; Il a &eacute;galement soulign&eacute; le r&ocirc;le essentiel de la jeunesse, invit&eacute;e &agrave; prendre part &agrave; cette conscientisation.</p> <p>&nbsp;</p> <p>Table ronde 1 : le viol comme arme de guerre</p> <p>La premi&egrave;re table ronde, mod&eacute;r&eacute;e par Crystale Delo, pr&eacute;sidente de WHAT ABOUT CONGO, proposait de d&eacute;crypter l&rsquo;usage du viol comme arme de guerre, une strat&eacute;gie militaire syst&eacute;matique dans l&rsquo;Est du Congo. Emmanuel Dupuy, pr&eacute;sident de l&rsquo;Institut Prospective et S&eacute;curit&eacute; en Europe, a abord&eacute; les dimensions juridiques et le droit international, rappelant que ces crimes, massifs et organis&eacute;s, rel&egrave;vent de violations graves du droit humanitaire.</p> <p>&nbsp;</p> <p>Cha&icirc;ne de responsabilit&eacute;s et &Eacute;tat affaibli</p> <p>Le journaliste et analyste politique Kerwin Mayizo s&rsquo;est appuy&eacute; sur des faits pour d&eacute;tailler la cha&icirc;ne de responsabilit&eacute;s : commanditaires, sous-traitants, ex&eacute;cutants. Il a d&eacute;nonc&eacute; un &Eacute;tat affaibli, gangr&eacute;n&eacute; par la corruption, o&ugrave; 65 % du budget est consacr&eacute; au train de vie des institutions. Selon lui, les violences sexuelles s&rsquo;inscrivent dans un ensemble beaucoup plus large de d&eacute;faillances : banditisme, pollution, syst&egrave;me de sant&eacute; effondr&eacute;, population prise en otage d&rsquo;un gouvernement incapable d&rsquo;assurer ses missions fondamentales.</p> <p>&nbsp;</p> <p>Table ronde 2 : t&eacute;moignages et exp&eacute;rience humaine</p> <p>La deuxi&egrave;me table ronde, mod&eacute;r&eacute;e par Sidney Ahidje, pr&eacute;sentatrice du podcast &laquo; au c&oelig;ur des convictions &raquo;, et membre de l&rsquo;AJMASI, a laiss&eacute; une large place aux t&eacute;moignages et &agrave; l&rsquo;exp&eacute;rience humaine.</p> <p>&nbsp;</p> <p>Esther Koho : un r&eacute;cit qui bouleverse la salle</p> <p>Esther Koho, originaire de Kassali, a racont&eacute; sa vie marqu&eacute;e par l&rsquo;exil et la violence. Elle a grandi entre le Rwanda et le Burundi, a perdu son p&egrave;re lors des conflits, et s&rsquo;est retrouv&eacute;e pi&eacute;g&eacute;e dans des contextes de guerre successifs. En 1994, &agrave; seulement 12 ans, elle a &eacute;t&eacute; viol&eacute;e pour la premi&egrave;re fois, par quatre soldats tutsis, enferm&eacute;e pendant trois jours et menac&eacute;e de kalachnikovs. Elle a ensuite parcouru des kilom&egrave;tres &agrave; pied pour tenter de trouver refuge. Son t&eacute;moignage a boulevers&eacute; la salle. Elle a &eacute;voqu&eacute; les nombreux cas de suicides parmi les survivantes, le besoin urgent de centres psychologiques, l&rsquo;importance de l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; la justice et, plus que tout, la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre entendues et valoris&eacute;es.</p> <p>&nbsp;</p> <p>Traumatismes, soins et mobilisation</p> <p>Brigitte Liquard Kalalo, th&eacute;rapeute en TCC et pr&eacute;sidente de Trait d&rsquo;Union Congolais, a d&eacute;crit l&rsquo;ampleur des traumatismes psychologiques, lourds et parfois transmis de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration. Elle a insist&eacute; sur l&rsquo;importance de l&rsquo;accompagnement et des dispositifs de soin adapt&eacute;s. Jorissa Watikilu, pr&eacute;sidente de TAMAR NKETO et ambassadrice de la jeunesse congolaise en France, a appel&eacute; &agrave; une mobilisation plus forte de la diaspora et a d&eacute;nonc&eacute; l&rsquo;indiff&eacute;rence persistante de la communaut&eacute; internationale, pourtant inform&eacute;e de l&rsquo;ampleur des crimes.</p> <p>&nbsp;</p> <p>Un constat final : le silence n&rsquo;est plus tol&eacute;rable</p> <p>Au fil des interventions, un constat s&rsquo;est impos&eacute; : le silence international n&rsquo;est plus tol&eacute;rable. Les participants ont exprim&eacute; leur indignation face &agrave; la passivit&eacute; g&eacute;n&eacute;rale, malgr&eacute; la gravit&eacute; des violences commises depuis des d&eacute;cennies dans l&rsquo;Est du Congo. La jeunesse pr&eacute;sente s&rsquo;est montr&eacute;e r&eacute;solue, d&eacute;sireuse de comprendre et de porter la voix de celles et ceux qui souffrent.</p> <p>&nbsp;</p> <p>Un appel collectif : &ldquo;le moment de v&eacute;rit&eacute; est arriv&eacute;&rdquo;</p> <p>Ce colloque, marqu&eacute; par des r&eacute;cits poignants et des analyses lucides, a rappel&eacute; l&rsquo;urgence absolue de reconna&icirc;tre et de combattre les violences sexuelles de masse en RDC. Les mots d&rsquo;Esther Koho, prononc&eacute;s en ouverture, sont rest&eacute;s suspendus dans l&rsquo;air, comme un appel collectif : le moment de v&eacute;rit&eacute; est bel et bien arriv&eacute;.</p>
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