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Africa Next Awards 2026 : de Miss France à une maternité au Bénin, Flora Coquerel sera distinguée à Paris

Miss France 2014, Flora Coquerel a transformé sa notoriété en engagement durable au Bénin. Avec Kelina, elle agit depuis douze ans pour la santé des femmes, l’éducation et l’accès aux soins.

Zié Adama Coulibaly
28 août 2026·4 min de lecture·19 vues
Africa Next Awards 2026 : de Miss France à une maternité au Bénin, Flora Coquerel sera distinguée à Paris

★ Points clés

  • •Flora Coquerel fonde Kelina en 2014, dans la continuité de l’engagement humanitaire de ses parents au Bénin. L’association concentre aujourd’hui ses actions sur la santé, l’éducation, les femmes et les enfants.
  • •La maternité Nana Zalia ouvre en 2021 dans le nord du Bénin. Implantée dans une zone rurale peu équipée en infrastructures médicales, elle dessert un bassin d’environ 40 000 habitants et a déjà accueilli plus de 400 naissances.
  • •L’engagement se poursuit au-delà de la maternité. Un dispensaire a depuis été ouvert sur le même site et Kelina travaille désormais à la création d’un bloc opératoire destiné notamment aux urgences obstétricales.

Une couronne peut ouvrir des portes. Encore faut-il savoir ce que l’on veut en faire.

Lorsque Flora Coquerel devient Miss France à 19 ans, en décembre 2013, sa vie change brutalement. Les plateaux de télévision, les voyages, les défilés et les sollicitations médiatiques prennent une place qu’elle n’avait pas forcément imaginée quelques mois auparavant. Elle était alors étudiante en commerce international et ne faisait pas de Miss France un objectif poursuivi depuis l’enfance.

Ce qui va pourtant donner une profondeur particulière à cette année de règne ne se passe pas sur un tapis rouge. Cela se joue plusieurs milliers de kilomètres plus au sud, au Bénin, pays d’origine de sa mère et territoire auquel sa famille est attachée depuis toujours.

En 2014, l’année même où la France découvre son visage, Flora Coquerel crée l’association Kelina avec ses parents. Douze ans plus tard, ce choix représente probablement l’une des parties les plus solides et les moins superficielles de son parcours.

Le 3 septembre 2026, aux Folies Bergère à Paris, les Africa Next Awards distingueront cette trajectoire. Celle d’une personnalité qui a réussi à faire durer son engagement bien après que les projecteurs de Miss France se soient déplacés vers une autre reine de beauté.

Le Bénin ne commence pas avec Kelina

Pour comprendre l’association, il faut revenir en arrière.

La mère de Flora Coquerel est béninoise, son père français. Très jeune, elle se rend régulièrement au Bénin avec sa famille et découvre un pays qui n’est pas seulement celui de ses origines maternelles, mais aussi celui où ses parents ont déjà choisi d’agir.

En 2001, Frédéric et Sephi Coquerel créent Inter-Action Bénin. L’association mène plusieurs projets auprès des communautés locales : construction d’écoles et de bibliothèques, réalisation de forages pour faciliter l’accès à l’eau potable, parrainage scolaire et différentes actions de développement.

Flora Coquerel grandit donc avec cette réalité. Les séjours familiaux ne consistent pas uniquement à retrouver des proches. Ils sont aussi associés aux projets menés par ses parents et à une certaine conception de la solidarité : ne pas simplement constater un besoin, mais essayer d’apporter une réponse concrète.

Cette histoire familiale permet de regarder autrement la création de Kelina.

En 2014, Flora Coquerel ne découvre pas soudainement l’humanitaire parce qu’elle vient de devenir célèbre. Elle reprend plutôt un engagement qu’elle connaît depuis l’enfance et décide de lui donner une nouvelle structure, en profitant de la visibilité considérable que lui offre alors Miss France.

Le jour de ses 20 ans, elle décide de prendre le relais

Kelina est créée en 2014, symboliquement le jour des 20 ans de Flora Coquerel.

À ce moment-là, elle possède quelque chose dont l’ancienne association familiale disposait beaucoup moins : une audience nationale. Son visage est connu, les médias l’écoutent et les événements auxquels elle participe peuvent attirer des partenaires ou des donateurs.

Elle décide d’utiliser cette exposition pour un projet précis : améliorer les conditions dans lesquelles les femmes peuvent accoucher dans une zone rurale du nord du Bénin.

Le constat effectué sur place est simple et difficile à ignorer. Dans cette partie du territoire, les structures médicales sont éloignées et les femmes enceintes doivent parfois parcourir des dizaines de kilomètres pour bénéficier d’une prise en charge adaptée. Pour certaines urgences obstétricales, la distance devient elle-même un risque.

Flora Coquerel choisit alors de faire de la santé maternelle l’un des premiers grands combats de Kelina.

L’idée paraît simple lorsqu’on la résume en une phrase : construire une maternité. Dans les faits, il faudra des années de collecte de fonds, de démarches, de recherche de partenaires et de travaux avant que le projet soit réellement opérationnel.

Sept années pour faire sortir une maternité de terre

La première pierre de la maternité Nana Zalia est posée le 23 juillet 2016 dans la région de Bassila, au nord du Bénin.

Il faudra encore plusieurs années avant son ouverture.

Cette longueur est peut-être ce qui différencie le mieux l’engagement de Flora Coquerel d’une opération caritative ponctuelle. Entre l’annonce d’un projet et le jour où une femme peut effectivement y accoucher, il faut trouver des financements, suivre un chantier, équiper les locaux, travailler avec les autorités, mobiliser des professionnels et accepter que les délais ne correspondent pas toujours à ceux de la communication.

En décembre 2021, la maternité Nana Zalia ouvre finalement ses portes.

Elle dispose de six lits évolutifs, d’un espace de consultation gynécologique, d’une salle d’échographie, d’une salle de travail et d’accouchement, mais également d’un laboratoire, d’une pharmacie et d’un espace de vaccination.

Le site a été pensé pour répondre aux besoins d’un bassin d’environ 40 000 habitants, parmi lesquels quelque 20 000 femmes en âge de procréer.

Derrière ces chiffres, le résultat devient surtout très concret : des femmes qui peuvent désormais être suivies et accoucher plus près de leur lieu de vie.

Plus de 400 enfants sont déjà nés à Nana Zalia

À la fin de l’année 2025, plus de 400 naissances avaient déjà été enregistrées dans la maternité.

Le chiffre mérite d’être retenu parce qu’il permet de sortir du vocabulaire habituel des engagements de personnalités publiques. Ici, l’impact ne se mesure plus seulement en campagnes de sensibilisation, en publications ou en soirées de collecte.

Il se mesure aussi en naissances.

La maternité attire aujourd’hui des femmes venues des villages environnants et, selon Flora Coquerel, certaines patientes traversent même la frontière togolaise pour venir y accoucher.

Cette fréquentation confirme également quelque chose que l’association avait identifié dès le départ : le besoin médical dépasse largement un seul village. Et c’est précisément ce constat qui a poussé Kelina à revoir ses ambitions.

La maternité ne suffisait plus

Au fil du temps, un phénomène inattendu apparaît. Des habitants commencent à se rendre à la maternité pour des problèmes médicaux qui n’ont rien à voir avec une grossesse.

Ce comportement dit beaucoup de la situation sanitaire locale : lorsqu’une infrastructure équipée apparaît dans une zone où l’offre de soins reste limitée, elle devient naturellement un point de référence pour l’ensemble de la population.

Kelina décide donc d’aller plus loin.

Un dispensaire a été ouvert face à la maternité afin de proposer des consultations plus générales et d’éviter que la structure consacrée aux femmes enceintes ne devienne, par défaut, le centre médical de toute la zone.

L’association envisage désormais d’élargir encore cette offre avec des espaces de consultation spécialisés, notamment en ophtalmologie et en soins dentaires. Mais le projet le plus important reste ailleurs.

Le prochain défi : pouvoir opérer sur place

Aujourd’hui encore, lorsqu’une complication grave survient pendant un accouchement, certaines patientes doivent être transférées vers un hôpital situé à environ 60 kilomètres.

Dans une urgence obstétricale, soixante kilomètres peuvent représenter beaucoup plus qu’une distance.

Kelina souhaite donc construire et équiper un bloc opératoire sur le site afin que certaines urgences puissent être prises en charge directement.

Le coût global des nouvelles extensions, incluant les équipements nécessaires, se chiffre en centaines de milliers d’euros. L’association continue ainsi de rechercher des mécènes, des entreprises et des partenaires capables d’accompagner cette nouvelle étape.

C’est aussi une manière de comprendre la maturité prise par le projet. En 2014, Flora Coquerel voulait construire une maternité. Douze ans plus tard, elle se retrouve à réfléchir à un véritable petit pôle de santé rural capable de répondre à des besoins beaucoup plus larges que ceux imaginés au départ.

Miss France n’a finalement représenté qu’une année de sa vie

La force du parcours de Flora Coquerel vient peut-être de ce contraste.

Le titre qui l’a rendue célèbre ne dure officiellement qu’un an. Kelina, elle, existe depuis douze ans.

Flora Coquerel est élue Miss France 2014 le 7 décembre 2013 au Zénith de Dijon, alors qu’elle représente l’Orléanais. Elle devient la première candidate issue de cette région à remporter le concours.

L’expérience lui ouvre ensuite des portes à l’international. Elle représente la France à Miss World en 2014 puis à Miss Universe 2015 à Las Vegas.

Lors de cette dernière compétition, elle atteint le Top 5 mondial, aux côtés notamment de la future gagnante Pia Wurtzbach. À l’époque, ce classement constitue l’une des meilleures performances françaises dans l’histoire récente du concours.

Cette période installe durablement son visage dans le paysage médiatique français. Flora Coquerel poursuit ensuite des activités dans la mode, la télévision, les collaborations avec des marques et différents projets entrepreneuriaux.

Mais le parcours de Kelina évolue selon un calendrier complètement différent : moins spectaculaire, plus lent, avec des résultats qui apparaissent parfois plusieurs années après le début du travail.

Une double culture qu’elle n’a jamais considérée comme un choix à faire

Le lien entre la France et le Bénin occupe une place centrale dans l’identité publique de Flora Coquerel.

Elle est née en France d’un père français et d’une mère béninoise. Elle a grandi principalement en France, tout en retournant régulièrement au Bénin depuis son enfance. Dans ses prises de parole, elle parle de ce métissage sans chercher à hiérarchiser l’une de ses appartenances par rapport à l’autre.

Cette double culture devient même une partie du moteur de son engagement.

Kelina n’est pas conçue comme une association qui arrive de l’extérieur avec des solutions toutes faites. Flora Coquerel insiste régulièrement sur le travail avec les acteurs locaux, les autorités béninoises, les personnels de santé et les entreprises du pays. Sa famille conserve également un lien direct avec la région où sont implantés les projets.

Elle se rend régulièrement au Bénin pour suivre leur évolution, rencontrer les équipes et travailler sur les nouvelles étapes avec les partenaires concernés.

C’est précisément ce positionnement qui donne une dimension particulière à son parcours dans la diaspora africaine : elle n’utilise pas seulement ses origines comme une identité culturelle revendiquée publiquement. Elle les a aussi transformées en responsabilité.

Transformer la visibilité en capacité d’action

Le cas de Flora Coquerel pose finalement une question assez simple : que reste-t-il de la célébrité lorsqu’on retire les photos, les événements et les réseaux sociaux ?

Dans son parcours, une partie de la réponse se trouve à Nana Zalia.

Une maternité existe. Des sages-femmes y travaillent. Des femmes y sont suivies. Plus de 400 enfants y sont déjà nés. Un dispensaire complète désormais l’infrastructure et un bloc opératoire est envisagé.

Rien de cela n’aurait été possible avec la visibilité seule. Il a fallu transformer cette visibilité en financements, en partenariats et en confiance suffisamment durable pour maintenir un projet pendant plus d’une décennie.

Flora Coquerel ne cache d’ailleurs pas que l’association dépend de cette chaîne de solidarité. Les projets avancent grâce aux mécènes, aux entreprises, aux donateurs, aux équipes médicales et aux partenaires locaux qui acceptent de travailler avec Kelina.

Son rôle se situe précisément au point de rencontre entre ces mondes : utiliser son nom et son réseau pour attirer des ressources vers un besoin qui, lui, se trouve loin des projecteurs.

Une histoire de femmes et de transmission

Il y a enfin quelque chose de profondément familial dans Kelina.

L’engagement commence avec les parents de Flora Coquerel. Leur fille le reprend. La maternité est implantée dans une région liée à sa famille maternelle et porte le nom de Nana Zalia, référence à cette histoire familiale béninoise.

Au centre du projet se trouvent ensuite d’autres femmes : celles qui viennent consulter, celles qui accouchent, les sages-femmes qui les accompagnent et les jeunes filles auxquelles les actions de l’association cherchent également à ouvrir davantage de possibilités.

Flora Coquerel parle régulièrement de transmission lorsqu’elle évoque Kelina. Le mot n’a ici rien de théorique. Elle a elle-même hérité d’une certaine manière de concevoir l’engagement et essaie aujourd’hui de prolonger ce qu’elle a vu ses parents faire lorsqu’elle était enfant.

C’est probablement ce qui explique la durée du projet. Kelina n’est pas née uniquement d’une opportunité liée à Miss France. Elle s’est greffée à une histoire commencée bien avant la couronne.

Aux Africa Next Awards, une autre facette de Flora Coquerel

Le 3 septembre 2026, aux Folies Bergère à Paris, Flora Coquerel sera distinguée parmi les lauréats de la première édition des Africa Next Awards.

La scène parisienne rappellera forcément la personnalité publique : Miss France, mannequin, entrepreneure et figure médiatique franco-béninoise.

Mais le parcours qui donne aujourd’hui le plus de relief à cette distinction se trouve probablement à plusieurs milliers de kilomètres de Paris.

Il se trouve dans une zone rurale du Bénin où une idée formulée par une jeune femme de 20 ans a fini, après des années de travail, par devenir un bâtiment dans lequel des enfants naissent.

Douze ans après avoir créé Kelina, Flora Coquerel n’a plus besoin de démontrer que son engagement a survécu à son année de Miss France. La maternité Nana Zalia en est déjà la preuve.

Chronologie

2001

Création d’Inter-Action Bénin par ses parents

7 décembre 2013

Élection de Flora Coquerel comme Miss France 2014

2014

Participation à Miss World

2015

Top 5 de Miss Universe à Las Vegas

Décembre 2021

Ouverture de la maternité Nana Zalia au Bénin

2023

Kelina reçoit le Prix du Rayonnement lors du Dîner des Arts et de la Culture

03 septembre 2026

Flora Coquerel sera distinguée aux Africa Next Awards, aux Folies Bergère à Paris

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