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Africa Next Awards 2026 : Jean-Robert Isifua sera distingué à Paris pour son engagement en faveur de l’entrepreneuriat congolais

Président de la CCIS-RDC, Jean-Robert Isifua sera distingué le 3 septembre à Paris pour son action en faveur des entrepreneurs, des femmes commerçantes et du développement économique en RDC.

Zié Adama Coulibaly
26 août 2026·4 min de lecture·18 vues
Africa Next Awards 2026 : Jean-Robert Isifua sera distingué à Paris pour son engagement en faveur de l’entrepreneuriat congolais

★ Points clés

  • •Président et initiateur de la CCIS-RDC, lancée en 2023 pour fédérer les entrepreneurs congolais et favoriser leur structuration.
  • •Un parcours déjà ancré dans les réseaux patronaux et économiques, notamment à travers la FEC et des chambres d’affaires bilatérales.
  • •Des projets tournés vers la formalisation du petit commerce, les femmes entrepreneures, la formation professionnelle et les partenariats internationaux.

Faire grandir les entreprises congolaises

Jean-Robert Isifua part d’un constat assez simple : la République démocratique du Congo compte de nombreux entrepreneurs, mais beaucoup d’entre eux restent encore isolés, insuffisamment structurés ou éloignés des financements et des grands marchés. C’est sur cette réalité qu’il concentre aujourd’hui une grande partie de son action.

Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Services de la République démocratique du Congo, la CCIS-RDC, il défend depuis plusieurs années l’idée d’un secteur privé congolais davantage organisé, capable de mutualiser ses forces et de prendre une place plus importante dans les grands projets économiques du pays.

Le 3 septembre 2026, aux Folies Bergère à Paris, Jean-Robert Isifua fera partie des personnalités distinguées lors des Africa Next Awards 2026. La récompense vient mettre en lumière un engagement tourné vers l’entrepreneuriat, la transmission et la création d’un environnement plus favorable aux entreprises congolaises.

Une expérience acquise avant la CCIS-RDC

Jean-Robert Isifua n’est pas arrivé dans l’univers patronal avec la création de la CCIS-RDC. Avant de lancer cette structure, il avait déjà acquis une expérience au sein de plusieurs organisations économiques.

Il a notamment été membre actif de la Chambre de commerce belgo-congolaise et luxembourgeoise, avant d’occuper pendant six années les fonctions de secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie franco-congolaise. Il a également siégé comme administrateur à la Fédération des Entreprises du Congo, la FEC.

Ces différentes responsabilités lui ont permis de côtoyer des entrepreneurs locaux, des investisseurs étrangers, des institutions et des organisations patronales, mais aussi d’observer les difficultés rencontrées par les entreprises congolaises lorsqu’elles veulent changer d’échelle. Cette expérience servira de base à la suite de son parcours.

2023 : lancement de la CCIS-RDC

Le 14 avril 2023, Jean-Robert Isifua lance officiellement les activités de la CCIS-RDC à Kinshasa. La structure se définit comme un cadre multisectoriel destiné à rassembler des opérateurs économiques congolais issus du commerce, de l’industrie et des services. Son ambition est clairement affichée : contribuer à faire émerger une classe moyenne entrepreneuriale suffisamment solide pour participer davantage à la création de richesse dans le pays.

La CCIS-RDC intervient notamment sur la formalisation des entreprises, la mise en réseau des entrepreneurs, la recherche de partenaires, l’accès aux institutions et le développement des compétences.

Jean-Robert Isifua défend également une idée plus ambitieuse : permettre aux entreprises congolaises de ne plus rester cantonnées à de petites prestations ou à la sous-traitance, mais de pouvoir progressivement prétendre à des projets plus importants. Pour lui, cette progression passe d’abord par l’organisation.

Une entreprise seule possède des capacités limitées. Plusieurs entreprises capables de travailler ensemble peuvent en revanche répondre à des marchés beaucoup plus importants.

Construire une véritable classe moyenne entrepreneuriale

Cette notion de classe moyenne revient régulièrement dans le projet de la CCIS-RDC. Jean-Robert Isifua considère que le développement économique du pays ne peut pas dépendre uniquement des grands groupes, des multinationales ou de quelques grandes fortunes. Entre les très petites activités informelles et les grandes entreprises, il faut pouvoir développer un tissu beaucoup plus dense de PME congolaises structurées.

Des entreprises capables d’embaucher. D’investir. De payer leurs fournisseurs. D’accéder aux marchés publics et privés. Et surtout de durer. La mission affichée par la CCIS-RDC est précisément de contribuer à la construction de cette communauté d’entrepreneurs.

Le sujet est important dans un pays où une grande partie de l’activité économique reste informelle et où l’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles rencontrés par les entrepreneurs.

Formaliser ceux qui travaillent déjà

Pour Jean-Robert Isifua, soutenir l’entrepreneuriat ne signifie pas uniquement encourager la création de nouvelles entreprises. Il faut aussi regarder celles qui existent déjà.

Dans les marchés, les quartiers et les communes congolaises, des milliers de personnes exercent une activité économique sans disposer nécessairement d’une entreprise structurée, d’une comptabilité ou d’un accès aux dispositifs bancaires. La CCIS-RDC travaille donc également sur la formalisation.

L’enjeu est de permettre aux petits opérateurs économiques d’accéder progressivement à un environnement professionnel plus organisé : immatriculation, accompagnement, financement, formation et relations avec les administrations. Cette approche est particulièrement visible dans les initiatives développées autour des petits commerces et des femmes commerçantes.

Les femmes commerçantes au cœur de plusieurs initiatives

C’est l’un des volets les plus concrets de l’action portée par la CCIS-RDC. La structure travaille depuis plusieurs années avec des femmes commerçantes et micro-entrepreneures.

Elle participe notamment à des initiatives permettant d’identifier, d’accompagner et de valoriser ces femmes qui constituent une part essentielle du commerce de proximité en République démocratique du Congo.

La CCIS-RDC a également développé des Awards de performances destinés à mettre en avant les commerçantes qui se distinguent dans leur activité. Mais l’objectif n’est pas seulement symbolique.

Il s’agit aussi de leur permettre d’améliorer leur organisation, d’accéder à des outils de travail plus adaptés et, progressivement, de transformer de petites activités commerciales en entreprises plus structurées. Cette volonté a pris une nouvelle dimension avec un projet lancé en 2025.

Proxis-Marché Péné-Péné, structurer le commerce de proximité

Avec le projet Proxis-Marché Péné-Péné, Jean-Robert Isifua veut agir directement sur les conditions dans lesquelles travaillent les petits commerçants. Le programme, porté par la CCIS-RDC avec la Fondation Isifua, prévoit le développement de marchés de proximité plus modernes et mieux organisés.

L’objectif est notamment d’améliorer les conditions d’hygiène, de conservation des produits, d’approvisionnement et de gestion. Les femmes commerçantes occupent une place centrale dans le dispositif, tout comme les producteurs agricoles et les jeunes entrepreneurs.

L’idée consiste à construire une chaîne plus cohérente entre ceux qui produisent, ceux qui transportent les marchandises et ceux qui les vendent. Des coopératives et associations doivent également permettre aux commerçantes de mieux organiser leurs activités.

En février 2026, le projet est entré dans une nouvelle phase avec la préparation d’une mission économique au Maroc destinée à rechercher des partenaires et à s’inspirer de modèles pouvant être adaptés aux réalités congolaises.

Former avant de vouloir créer des emplois

La formation professionnelle constitue un autre axe défendu par Jean-Robert Isifua. Dès les premiers mois d’activité de la CCIS-RDC, il appelle au développement de formations davantage adaptées aux besoins réels des entreprises. Pour lui, le problème de l’emploi ne peut pas être séparé de celui des compétences.

Une entreprise peut avoir besoin de recruter tout en éprouvant des difficultés à trouver des profils suffisamment formés.

La Chambre a ainsi engagé des échanges avec le ministère congolais de la Formation professionnelle afin de rapprocher davantage la formation des besoins du marché du travail. En 2024, Jean-Robert Isifua est notamment reçu par le ministre chargé de ce portefeuille dans le cadre d’un projet de collaboration autour du renforcement des compétences des apprenants.

L’objectif est là encore concret : permettre aux jeunes de sortir de formation avec des compétences susceptibles d’être directement utilisées par une entreprise ou dans leur propre projet entrepreneurial.

Le Maroc comme premier terrain de coopération

Le volet international occupe une place importante dans le travail de Jean-Robert Isifua. Avant même le lancement officiel de la CCIS-RDC, il avait développé des contacts avec les organisations économiques marocaines.

En décembre 2022, alors qu’il intervient encore comme administrateur de la Fédération des Entreprises du Congo, il participe au Maroc à des discussions avec la Fédération des Chambres Marocaines de Commerce, d’Industrie et de Services et la Chambre de Rabat-Salé-Kénitra.

Il y défend notamment une coopération renforcée entre entreprises marocaines et congolaises. Quelques mois plus tard, la CCIS-RDC signe une convention avec la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Services de Rabat-Salé-Kénitra.

L’objectif est de faciliter les échanges entre les milieux d’affaires des deux pays, mais également d’attirer des investisseurs marocains en RDC en les associant à des entrepreneurs congolais. Jean-Robert Isifua revient alors à Kinshasa avec plusieurs manifestations d’intérêt provenant d’acteurs économiques marocains.

Attirer les investisseurs, mais avec des partenaires congolais

Cette précision est importante dans sa vision. Jean-Robert Isifua n’est pas opposé à l’investissement étranger. Au contraire, la CCIS-RDC cherche activement des partenaires à l’extérieur du pays.

Mais l’objectif est que ces investissements puissent également profiter aux entreprises locales. Son approche consiste donc à favoriser les partenariats entre groupes étrangers et entrepreneurs congolais.

Le Maroc a constitué un premier terrain de travail important. La Belgique occupe également une place croissante dans les activités internationales de la Chambre, avec plusieurs missions économiques et rencontres professionnelles.

Jean-Robert Isifua participe par ailleurs à des réseaux reliant les chambres et organisations économiques africaines et européennes. La logique reste la même : utiliser les relations internationales pour apporter des investissements, des compétences et des partenariats, tout en renforçant la capacité des entrepreneurs locaux à y prendre part.

Défendre aussi un cadre plus clair pour les chambres de commerce

En 2025, Jean-Robert Isifua intervient publiquement sur un autre sujet : le statut des chambres de commerce en République démocratique du Congo. Il souligne alors l’absence de cadre juridique suffisamment clair permettant de définir précisément leur reconnaissance et leurs responsabilités. La question peut sembler technique. Elle touche pourtant directement au climat des affaires.

Une chambre de commerce doit pouvoir jouer un rôle d’intermédiaire entre les entreprises, l’administration, les banques, les investisseurs et les partenaires internationaux. Cela suppose que son fonctionnement et sa place dans l’écosystème économique soient clairement définis.

Jean-Robert Isifua appelle donc les pouvoirs publics et le législateur à mieux encadrer le secteur. Cette prise de position montre aussi que son action ne porte pas seulement sur les entrepreneurs eux-mêmes, mais également sur les institutions censées les accompagner.

Une conception de l’entrepreneuriat fondée sur la transmission

Un autre mot revient souvent dans le discours de la CCIS-RDC : la transmission. Pour Jean-Robert Isifua, l’expérience des entrepreneurs déjà installés doit pouvoir profiter à ceux qui commencent. Cela implique de partager des réseaux, des compétences et des méthodes.

Mais cela suppose également de créer des cadres où plusieurs générations d’entrepreneurs peuvent se rencontrer. Cette logique explique l’importance accordée par la Chambre au networking, à la formation et à la mise en relation.

L’objectif n’est pas simplement de multiplier les entrepreneurs individuels. Il s’agit de créer progressivement un écosystème dans lequel les entreprises congolaises peuvent travailler ensemble et transmettre leur expérience.

Africa Next Awards 2026 : distinguer un engagement économique

Le 3 septembre prochain, aux Folies Bergère à Paris, les Africa Next Awards distingueront ainsi Jean-Robert Isifua pour un parcours orienté vers la structuration du secteur privé congolais.

Depuis le lancement de la CCIS-RDC en 2023, son action s’est développée sur plusieurs terrains : accompagnement des entrepreneurs, formalisation du commerce, soutien aux femmes commerçantes, formation professionnelle et recherche de partenaires internationaux.

À travers des projets comme Proxis-Marché Péné-Péné et les coopérations engagées avec le Maroc ou la Belgique, Jean-Robert Isifua défend une vision dans laquelle le développement économique de la RDC doit reposer davantage sur des entreprises congolaises capables de grandir, de se regrouper et de travailler avec des partenaires internationaux.

Sa distinction aux Africa Next Awards 2026 viendra mettre en lumière cette ambition : contribuer à faire émerger une classe d’entrepreneurs suffisamment structurée pour participer pleinement à la création de richesse et d’emplois en République démocratique du Congo.

Chronologie

2022

Administrateur de la FEC et coopération économique avec le Maroc

14 avril 2023

Lancement officiel de la CCIS-RDC

2025

Lancement de Proxis-Marché Péné-Péné

3 septembre 2026

Africa Next Awards, Paris

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