Africa Next Awards 2026 : Mamby Diomandé, l’ingénieur qui veut faire de la musique africaine une vraie puissance économique
Ingénieur devenu entrepreneur culturel, Mamby Diomandé a quitté l’industrie pour la musique. Avec le SIMA, il travaille désormais à transformer le talent africain en économie durable.


Il avait un métier d’ingénieur. Il a choisi de repartir presque de zéro dans la musique
Sur le papier, Mamby Diomandé avait déjà trouvé sa voie. Il était ingénieur en génie électrique et électronique, travaillait pour ABB et évoluait dans un secteur où la progression professionnelle semblait relativement lisible. Rien ne l’obligeait à quitter cet univers pour entrer dans une industrie musicale beaucoup moins structurée, où les revenus sont incertains et où une grande partie des métiers restent encore mal identifiés. Il le fait pourtant en 2015.
Ce changement est probablement la meilleure porte d’entrée pour comprendre son parcours. Mamby Diomandé n’est ni chanteur, ni rappeur, ni musicien devenu ensuite entrepreneur. Il arrive dans la culture avec une formation d’ingénieur et une manière de raisonner qui restera visible dans tout ce qu’il construira par la suite : identifier un problème, comprendre la chaîne qui l’entoure, réunir les bonnes compétences et essayer de mettre en place une solution.
Onze ans plus tard, il ne produit plus seulement des concerts. Il travaille sur le financement, la formation, les politiques culturelles, la structuration des métiers et les relations entre acteurs publics, labels, artistes, investisseurs et entrepreneurs du continent.
Le 3 septembre 2026, aux Folies Bergère à Paris, les Africa Next Awards distingueront cette trajectoire devenue l’une des voix de la professionnalisation des industries musicales en Afrique francophone.
2015 : quand la passion devient un choix professionnel
Mamby Diomandé raconte volontiers son parcours comme atypique. Il a étudié l’ingénierie électrique avant d’exercer le métier pour lequel il avait été formé. Mais quelque chose ne fonctionne pas totalement. La sécurité professionnelle existe, pas l’impression d’être exactement à sa place.
La musique, elle, occupe déjà une part importante de sa vie.
Il décide finalement de prendre le risque. En 2015, il quitte progressivement l’ingénierie pour entrer dans l’événementiel culturel et crée Tim Event, une structure consacrée à la production de spectacles et au management d’artistes.
Le changement de métier est brutal. Dans l’ingénierie, il existe des procédures, des référentiels et une organisation relativement formalisée. Dans le spectacle vivant ivoirien de l’époque, une grande partie du travail repose encore sur les réseaux personnels, l’expérience et la capacité à résoudre des problèmes dans l’urgence. Mamby apprend donc le métier sur le terrain.
Le premier grand test s’appelle MHD
En 2016, il organise à Abidjan ce qu’il présente comme son premier grand événement : un concert de MHD, alors au sommet de la vague afro-trap qui vient de le propulser en France et en Afrique.
Le choix de l’artiste est déjà révélateur. MHD appartient précisément à cette génération capable de faire circuler les musiques entre Paris et les capitales africaines avec beaucoup plus de fluidité qu’auparavant.
Le concert permet à Mamby Diomandé de passer du statut de passionné à celui de professionnel confronté aux réalités du spectacle : booking, production, communication, billetterie, logistique, technique, sécurité, partenaires et gestion d’équipes.
D’autres projets suivent. Il participe notamment aux célébrations des vingt ans de Magic System et développe avec Tim Event des spectacles autour d’artistes comme Niska, Kaaris, Naza, Koffi Olomidé, Burna Boy ou encore l’Orquesta Aragón. En quelques années, celui qui travaillait encore dans l’ingénierie se retrouve au cœur du live en Côte d’Ivoire. Mais ce terrain lui révèle également les fragilités du secteur.
Faire un concert est une chose. Construire une industrie en est une autre
À mesure qu’il organise des spectacles, Mamby Diomandé découvre un problème plus large.
L’Afrique francophone ne manque pas d’artistes. Elle ne manque pas non plus de publics. Les salles peuvent se remplir, les chansons circulent, les stars apparaissent et les réseaux sociaux donnent à certains morceaux une audience qui dépasse très vite les frontières.
Ce qui manque davantage, ce sont les structures qui transforment durablement cette créativité en activité économique.
Un artiste peut avoir un tube sans comprendre son contrat. Un manager peut exercer depuis des années sans réelle formation. Un producteur peut investir sans disposer de données fiables sur son marché. Les droits d’auteur restent difficiles à collecter. Les financements sont rares. Les professionnels voyagent difficilement d’un pays à un autre et de nombreuses carrières reposent davantage sur les relations personnelles que sur des entreprises réellement structurées.
Mamby commence alors à regarder la musique moins comme une succession d’événements que comme une chaîne de valeur. Cette évolution va s’accélérer lorsqu’il rejoint Universal Music Africa.
Universal Music Africa change l’échelle
En 2019, Mamby Diomandé intègre Universal Music Africa comme responsable des événements en Côte d’Ivoire.
Le passage est important. Après l’entrepreneuriat indépendant, il découvre de l’intérieur le fonctionnement d’une major internationale : stratégies de marque, partenariats, développement commercial, artistes, marketing, exploitation des catalogues et organisation du live sur plusieurs marchés.
Dès l’année suivante, il devient directeur Live & Brand pour l’Afrique francophone. Son parcours au sein du groupe l’amène ensuite vers des responsabilités commerciales plus larges.
Cette expérience lui donne une lecture plus complète du secteur. Il connaît désormais le promoteur qui prend le risque d’organiser un concert, mais aussi le fonctionnement des labels, des marques, des multinationales et des partenaires qui financent une partie de l’écosystème. Il travaille notamment sur des opérations associant musique et grandes entreprises et développe des projets avec différentes marques internationales.
Surtout, il se retrouve face à une contradiction : l’Afrique francophone possède énormément de créativité, mais dispose de beaucoup moins d’espaces professionnels où les personnes qui produisent cette créativité peuvent se retrouver pour parler véritablement de business.
Le déclic : pourquoi n’existe-t-il pas un grand rendez-vous professionnel francophone ?
Dans plusieurs régions du monde, l’industrie musicale possède ses rendez-vous professionnels. Des artistes, labels, producteurs, éditeurs, managers, plateformes, investisseurs et institutions s’y rencontrent, négocient, découvrent de nouveaux talents et discutent de l’évolution du marché.
En Afrique francophone, Mamby Diomandé estime qu’un espace de cette nature manque encore.
Avec Pit Baccardi, artiste et entrepreneur qui possède lui aussi une longue expérience de l’industrie musicale entre la France et l’Afrique, il commence à travailler sur une idée : réunir au même endroit les différents maillons de la filière. Pas pour organiser un festival supplémentaire. Pas pour faire défiler uniquement des artistes sur une scène. Mais pour parler de ce qui se passe derrière.
Qui finance la musique ? Qui détient les droits ? Comment exporte-t-on un artiste ? Comment construit-on un label ? Comment mesure-t-on une vente ? Comment rémunère-t-on correctement un créateur ? Comment travaille-t-on avec une marque ? Comment attire-t-on des investisseurs dans une industrie que beaucoup considèrent encore comme trop informelle ? De ces questions naît le Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone, le SIMA.
2022 : réunir à Abidjan ceux qui fabriquent réellement la musique
La première édition se tient les 17 et 18 novembre 2022 à Abidjan.
L’affiche professionnelle est déjà significative. Universal Music Africa et Sony Music côtoient des institutions ivoiriennes, des organismes professionnels, des artistes, des managers, des producteurs, des acteurs internationaux et des spécialistes des industries musicales.
Les discussions portent sur les droits d’auteur, l’édition, les carrières artistiques, le streaming, la formation, le financement et la structuration du marché.
Le choix des sujets résume l’ambition du SIMA : sortir la musique de la seule conversation artistique pour la faire entrer pleinement dans la conversation économique.
Parce qu’un morceau qui fonctionne ne fait pas vivre uniquement celui qui le chante. Autour de lui peuvent travailler un auteur, un compositeur, un beatmaker, un ingénieur du son, un manager, un éditeur, un label, un attaché de presse, un réalisateur, des techniciens, un producteur de spectacle, un photographe, des danseurs ou encore des professionnels du numérique. Pour Mamby Diomandé, structurer la musique revient donc aussi à structurer des emplois.
Le vrai combat : faire comprendre que la culture est une économie
C’est probablement le sujet sur lequel son discours a le plus évolué.
Il ne demande pas seulement que les artistes africains soient davantage applaudis. Il veut qu’ils soient mieux rémunérés, mieux accompagnés et entourés de professionnels capables eux-mêmes de vivre correctement de leur métier.
La nuance est considérable.
Pendant longtemps, les industries culturelles africaines ont principalement été abordées à travers le patrimoine, la représentation ou le divertissement. Mamby Diomandé insiste au contraire sur leur poids potentiel dans l’économie.
La musique génère des droits, des emplois, des revenus publicitaires, du tourisme, des spectacles, du merchandising, des abonnements numériques et des prestations pour les marques. Une tournée fait travailler des hôtels, des transporteurs, des restaurateurs, des entreprises techniques et des dizaines de professionnels qui n’apparaissent jamais sur scène.
Le problème n’est donc pas de savoir si la culture produit de la valeur. Elle en produit déjà. La question est de savoir où cette valeur est captée et combien en revient réellement aux acteurs africains qui la créent.
Former ceux que l’on ne voit jamais à l’écran
Après la première édition du SIMA, une limite apparaît rapidement : organiser deux journées de discussions ne suffit pas pour résoudre le déficit de compétences de toute une filière. Le projet commence alors à se prolonger par la formation.
Boost by SIMA est lancé avec l’ambition de renforcer concrètement les compétences des professionnels de l’industrie musicale : management, édition, production de spectacles, booking, développement international, structuration d’entreprise et autres métiers de la chaîne de valeur.
La première promotion suscite plus de 400 candidatures, signe d’un besoin réel de formation.
Le programme travaille notamment avec le Centre national de la musique en France, l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire, Orange Digital Center et des professionnels ivoiriens et internationaux. L’approche choisie consiste à adapter des formations existantes aux réalités du marché local plutôt que d’importer mécaniquement des modèles pensés ailleurs.
Mamby Diomandé insiste aussi sur la transmission : former des professionnels capables ensuite de transmettre eux-mêmes leurs compétences et construire progressivement une expertise disponible sur le continent. Le SIMA cesse alors d’être uniquement un salon. Il devient un écosystème.
Le passage d’Abidjan à Cotonou change la dimension du projet
En novembre 2025, le SIMA organise sa deuxième grande édition à Cotonou, au Bénin.
Le changement de pays est important. Il permet au projet de démontrer qu’il ne veut pas rester un rendez-vous strictement ivoirien mais devenir une plateforme réellement francophone et panafricaine.
Pendant plusieurs jours, Cotonou accueille artistes, producteurs, labels, médias, institutions, investisseurs, entrepreneurs culturels et experts venus de plusieurs pays. Le programme combine résidence artistique, showcases, panels, masterclass, rencontres professionnelles, échanges B2B et discussions entre acteurs privés et institutions publiques.
Selon le bilan communiqué par le SIMA, cette édition rassemble plus de 7 000 participants. Mais le chiffre n’est pas le plus intéressant. Ce qui compte davantage est la transformation de l’événement. Le salon cherche désormais à réunir trois mondes qui dialoguent encore trop peu : ceux qui créent, ceux qui financent et ceux qui construisent les politiques publiques.
Faire parler le banquier avec le producteur
Mamby Diomandé revient souvent sur cette difficulté.
Un artiste ou un producteur peut présenter un projet musical en parlant de vision, de créativité, d’audience ou de potentiel culturel. Un investisseur, lui, va demander des chiffres, un modèle économique, des perspectives de revenus, une gouvernance, des indicateurs et une manière de mesurer le risque.
Les deux peuvent parler du même projet sans véritablement parler la même langue.
Le SIMA veut précisément réduire cette distance. L’enjeu est que les professionnels de la culture comprennent davantage ce qu’attendent les investisseurs, mais aussi que les institutions financières cessent de considérer automatiquement les industries créatives comme des secteurs impossibles à financer.
Pour Mamby Diomandé, le prochain grand changement de l’industrie musicale francophone ne viendra donc pas uniquement d’un nouveau tube mondial. Il viendra aussi du moment où un producteur culturel pourra entrer dans une banque avec un projet structuré et être analysé comme n’importe quel autre entrepreneur.
Droits d’auteur, streaming, certifications : construire les règles du jeu
La structuration passe également par des sujets moins visibles du grand public.
Comment certifier les ventes ou les écoutes dans plusieurs pays francophones ? Comment disposer de données fiables ? Comment améliorer la collecte des droits d’auteur ? Comment protéger les œuvres à l’ère numérique ? Comment organiser le streaming ? Comment permettre à un artiste qui fonctionne au Cameroun ou en Côte d’Ivoire de construire plus facilement une carrière au Sénégal, au Bénin ou en RDC ?
Ces questions sont moins spectaculaires qu’un concert. Elles sont pourtant déterminantes. Une industrie ne se construit pas uniquement avec du talent. Elle a besoin de règles, d’organisations professionnelles, de statistiques, de contrats et de standards suffisamment fiables pour que les artistes, les producteurs et les investisseurs sachent où ils mettent les pieds.
C’est probablement là que l’ancien ingénieur réapparaît le plus clairement dans le parcours de Mamby Diomandé. Il veut mettre de la structure dans un secteur qui s’est longtemps développé grâce à l’énergie et à la débrouillardise de ses acteurs.
La CAN, autre démonstration de la puissance culturelle
Son expertise ne se limite pas au SIMA.
Son parcours dans les industries culturelles l’a également conduit à participer à de grands rendez-vous continentaux, notamment autour du CHAN et de la Coupe d’Afrique des Nations organisée en Côte d’Ivoire.
Il intervient sur des questions de programmation artistique, d’animation culturelle des stades et de mobilisation d’artistes lors des grands temps forts de la compétition.
L’expérience rappelle quelque chose que la CAN 2023 a rendu particulièrement visible : sport, musique, tourisme et identité nationale peuvent fonctionner ensemble.
Pendant plusieurs semaines, la Côte d’Ivoire ne vend pas uniquement du football. Elle vend également une ambiance, des artistes, une gastronomie, une manière de recevoir et une image du pays.
Pour les acteurs des industries culturelles, ce type d’événement représente exactement ce que peut devenir la culture lorsqu’elle est pensée dans une stratégie économique plus large.
Continuer à apprendre après avoir changé de métier
L’autre particularité du parcours de Mamby Diomandé tient à la place qu’il accorde à la formation.
Après avoir quitté l’ingénierie et construit une carrière dans l’événementiel puis dans la musique, il continue lui-même à reprendre des études et des programmes exécutifs. Il suit notamment des formations à HEC Paris autour du leadership, du management et du développement durable en Afrique, jusqu’à compléter un Global Executive Master in Management.
L’approche correspond assez bien au discours qu’il tient auprès des professionnels du secteur : la passion ne remplace pas la compétence.
Dans une industrie qui se professionnalise rapidement, connaître les artistes ou avoir un bon réseau ne suffit plus. Il faut comprendre les contrats, la finance, le marketing, la stratégie, les données, le numérique et la gestion d’entreprise. Cette exigence personnelle donne davantage de cohérence à Boost by SIMA. Mamby Diomandé demande aux autres de se former parce qu’il continue lui-même à le faire.
2025 : entrer dans une autre communauté de décideurs
En 2025, il fait partie des 30 personnalités retenues dans la promotion Young Leaders de la French-African Foundation.
La sélection intervient parmi plus de 6 000 candidatures provenant de nombreux pays.
L’intérêt de cette reconnaissance dépasse le prestige du programme. Mamby Diomandé se retrouve dans un réseau où se croisent entrepreneurs, responsables publics, chercheurs et acteurs de différents secteurs entre la France et l’Afrique. Il y défend précisément la place des industries culturelles et créatives dans les discussions économiques.
Car c’est devenu l’un de ses principaux combats : faire en sorte que la culture soit présente autour des tables où l’on discute de développement, d’investissement, de jeunesse et d’emplois, au même titre que l’énergie, les infrastructures, l’agriculture ou le numérique.
Son combat n’est finalement pas pour les stars
Les artistes connus attirent naturellement la lumière autour du SIMA.
Mais lorsque Mamby Diomandé parle de son projet, ce sont souvent les autres métiers qui reviennent.
Le manager. Le producteur. L’éditeur. Le technicien. Le booker. Le juriste. Le professionnel du marketing. L’organisateur de spectacles. Le jeune entrepreneur culturel qui possède une idée mais ne sait pas encore comment transformer cette idée en entreprise.
C’est probablement ce qui différencie le plus son parcours de celui d’un simple promoteur de concerts. Il a commencé en voulant produire des spectacles. Il travaille désormais à construire l’environnement dans lequel ceux qui produisent ces spectacles pourront exercer durablement leur métier.
Faire de la créativité un actif africain
Mamby Diomandé est aujourd’hui associé-gérant de la Société de Développement et d’Intermédiation en Côte d’Ivoire et poursuit en parallèle le développement du SIMA, de Boost by SIMA et de projets consacrés aux industries culturelles et créatives. Le fil conducteur reste le même. L’Afrique possède déjà le talent.
Le défi est maintenant de posséder davantage les entreprises, les compétences, les données, les droits et les infrastructures qui permettent à ce talent de créer de la richesse.
Dans un marché où les musiques africaines voyagent de plus en plus vite et où l’Afrobeats ou l’Amapiano ont démontré qu’un son né sur le continent pouvait devenir mondial, Mamby Diomandé pose une question particulièrement importante pour l’espace francophone : comment éviter de regarder cette transformation depuis le bord du terrain ?
Sa réponse tient moins dans un discours que dans les projets qu’il développe : former, connecter, structurer et convaincre les investisseurs que la musique mérite d’être traitée comme une véritable industrie.
Une distinction pour un homme qui préfère construire les coulisses
Le 3 septembre 2026, aux Folies Bergère à Paris, les Africa Next Awards distingueront Mamby Diomandé.
Le choix est intéressant parce que son métier se déroule précisément là où le public regarde rarement. Il n’est pas celui qui monte sur scène pour chanter. Il est celui qui cherche à faire en sorte que la scène existe, que l’artiste puisse y arriver, que les professionnels autour de lui soient formés et que l’ensemble puisse devenir économiquement viable.
En 2015, il a quitté son travail d’ingénieur parce qu’il voulait entrer dans la culture. Un peu plus de dix ans plus tard, l’ingénieur n’a peut-être jamais complètement disparu. Il a simplement changé de système à construire. Aujourd’hui, ce système s’appelle l’industrie musicale africaine francophone.