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Africa Next Awards 2026 : Neima Ferreira sera distinguée à Paris pour son action en faveur de l’investissement en Afrique lusophone

Économiste et coordinatrice du Pacte lusophone à la BAD, Neima Ferreira sera distinguée le 3 septembre à Paris pour son action dans l’investissement, le secteur privé et l’éducation.

Zié Adama Coulibaly
26 août 2026·4 min de lecture·26 vues
Africa Next Awards 2026 : Neima Ferreira sera distinguée à Paris pour son action en faveur de l’investissement en Afrique lusophone

★ Points clés

  • •Une carrière construite dans la finance du développement, entre AICEP Portugal Global, le Fonds européen d’investissement et la Banque africaine de développement.
  • •À la tête du Pacte lusophone, elle travaille à attirer davantage de capitaux privés vers six économies africaines de langue portugaise.
  • •Son engagement dépasse la finance : elle soutient depuis plusieurs années des initiatives consacrées à l’éducation des filles, à la jeunesse et à l’autonomisation en Guinée-Bissau.

Neima Ferreira, financer le développement autrement

Le travail de Neima Ferreira se situe dans un univers rarement visible du grand public. Celui où un projet doit être étudié, structuré, financé, sécurisé puis présenté aux investisseurs avant qu’une route, une centrale, une entreprise ou une nouvelle infrastructure puisse réellement voir le jour.

Économiste spécialisée dans la finance du développement, elle exerce aujourd’hui comme coordinatrice du Pacte lusophone à la Banque africaine de développement. Le 3 septembre 2026, aux Folies Bergère à Paris, son parcours sera distingué lors des Africa Next Awards.

Une reconnaissance qui met en lumière une professionnelle dont la carrière est largement consacrée à un enjeu essentiel pour le continent : permettre aux projets africains d’accéder aux capitaux nécessaires pour se développer.

Une carrière qui commence avec les PME

Avant la Banque africaine de développement, Neima Ferreira travaille déjà sur les questions de financement des entreprises.

Entre 2008 et 2009, elle rejoint AICEP Portugal Global comme chargée d’investissement. Son travail porte notamment sur l’analyse de programmes destinés à soutenir l’innovation et la compétitivité des petites et moyennes entreprises. Cette première expérience est importante pour comprendre la suite.

Le financement du développement n’est pas uniquement une affaire de milliards ou de grands projets d’infrastructure. Il concerne aussi des PME qui cherchent à investir, se moderniser, exporter ou simplement accéder au crédit. Cette attention au secteur privé accompagnera Neima Ferreira dans une grande partie de sa carrière.

Une première expérience à la Banque africaine de développement dès 2010

En 2010, elle rejoint pour la première fois la Banque africaine de développement dans le cadre du programme international INOV Contacto. Elle travaille alors comme économiste junior sur l’Afrique de l’Ouest.

Durant cette période, elle participe notamment à des travaux concernant le Cap-Vert et São Tomé-et-Príncipe, ainsi qu’à la préparation de la stratégie d’intégration régionale de la BAD pour l’Afrique de l’Ouest.

Cette première expérience lui permet de découvrir les mécanismes d’une institution financière de développement de l’intérieur : analyse économique, dialogue avec les gouvernements, définition des priorités nationales et préparation des stratégies d’intervention. Elle poursuit ensuite son parcours au Luxembourg.

Comprendre aussi la finance européenne

En 2011, Neima Ferreira rejoint le Fonds européen d’investissement. Elle y travaille sur des mécanismes de garanties destinés aux institutions financières européennes, avec un objectif notamment lié à l’amélioration de l’accès au financement pour les PME. Ce passage lui permet d’aborder une autre dimension de la finance du développement : le partage du risque.

Car l’un des problèmes rencontrés par de nombreuses entreprises et de nombreux projets africains reste le même : les investisseurs peuvent être intéressés, mais considérer le risque trop élevé.

Les garanties, les financements mixtes ou les mécanismes de réduction du risque deviennent alors des outils capables de débloquer des investissements qui, autrement, resteraient difficiles à réaliser. Cette logique se retrouvera quelques années plus tard au cœur du Pacte lusophone.

Le retour à la BAD par le programme des jeunes professionnels

En 2015, Neima Ferreira revient à la Banque africaine de développement en intégrant son Young Professionals Program. Pendant trois ans, elle travaille sur différents projets dans les infrastructures, l’énergie et les transports.

Son expérience couvre plusieurs pays et plusieurs opérations : projets hydroélectriques, énergie solaire, aviation ou encore gaz naturel. Elle participe notamment à des opérations concernant Ruzizi III, Rusumo Falls, Ethiopian Airlines, Air Côte d’Ivoire, des projets énergétiques au Sénégal, à Madagascar ou au Mozambique.

Son rôle devient progressivement plus financier : analyse des projets, structuration des transactions, études de faisabilité, négociation de contrats et préparation des dossiers destinés aux différentes instances décisionnelles de la Banque. Elle passe ainsi de l’analyse économique au financement concret de projets.

Africa Investment Forum, rapprocher projets et capitaux

En 2018, Neima Ferreira rejoint l’équipe de l’Africa Investment Forum comme responsable des relations avec les investisseurs. Le principe du forum est directement lié à son expertise : identifier des projets africains suffisamment solides, les préparer et les rapprocher des investisseurs capables de les financer. Elle travaille notamment sur le développement des affaires en Afrique de l’Ouest et en Afrique australe.

À cette période, elle suit un portefeuille de plusieurs dizaines de projets représentant plusieurs dizaines de milliards de dollars d’investissements potentiels. Il ne s’agit pas simplement d’organiser des rencontres.

Le travail consiste aussi à aider certains projets à devenir suffisamment structurés pour être finançables, à identifier les partenaires appropriés et à faciliter les discussions entre promoteurs, banques, institutions financières et investisseurs. C’est dans cet environnement que Neima Ferreira va également participer au développement du Pacte lusophone.

Le Pacte lusophone, six pays africains et un même défi

Lancé en 2018, le Pacte lusophone réunit la Banque africaine de développement, le Portugal et les pays africains de langue portugaise. Il concerne aujourd’hui l’Angola, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, le Mozambique, São Tomé-et-Príncipe et la Guinée équatoriale, avec le Brésil également associé au partenariat. Son objectif est clairement économique : développer davantage d’investissements privés dans ces pays. Neima Ferreira en assure aujourd’hui la coordination.

Son travail consiste notamment à construire un portefeuille de projets, mobiliser les investisseurs, coordonner les partenaires, développer les mécanismes de financement et accompagner les États et les entreprises dans la préparation de leurs opérations.

Derrière cette mission se trouve une difficulté bien connue des économies africaines : de nombreux projets existent, mais tous ne sont pas encore suffisamment préparés pour obtenir un financement. Le Pacte cherche précisément à réduire cet écart.

Près d’un milliard de dollars d’investissements approuvés

Le programme a pris une nouvelle dimension au cours des dernières années. En avril 2026, la Banque africaine de développement indiquait que les investissements approuvés dans le cadre du Pacte lusophone avaient atteint près de 928 millions de dollars depuis son lancement. Le portefeuille avait progressé de 26 % entre juin 2025 et avril 2026. Plusieurs projets sont également accompagnés par des dispositifs d’assistance technique et de réduction du risque.

En février 2026, le mécanisme de garantie soutenu par le Portugal a été prolongé. Une première opération garantie a ensuite été déployée autour de l'expansion du projet éolien Cabeólica au Cap-Vert.

Pour Neima Ferreira et son équipe, ce type d’opération est exactement ce que le Pacte doit permettre : réduire le risque suffisamment pour convaincre davantage de capitaux privés d’entrer dans des projets africains.

Le secteur privé comme moteur de développement

Cette approche repose sur une conviction importante. Les budgets publics et les financements des institutions internationales ne suffiront pas, à eux seuls, à couvrir tous les besoins de développement du continent. Il faut également attirer l’épargne et les capitaux privés.

Le Pacte lusophone travaille donc sur des secteurs susceptibles de générer à la fois une activité économique et un impact durable : énergie, agriculture, infrastructures, industrie, commerce ou innovation.

Pour Neima Ferreira, le développement du secteur privé doit aussi permettre de créer davantage d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes. Cette dimension est devenue encore plus visible dans le programme de travail 2024-2027 du Pacte.

Lors du sommet de la Communauté des pays de langue portugaise organisé à Bissau en 2025, elle mettait notamment en avant les opportunités liées à la sécurité alimentaire, à la technologie et à la durabilité.

La finance, mais aussi l’égalité femmes-hommes

Le parcours professionnel de Neima Ferreira possède également une autre dimension. Au sein de la Banque africaine de développement, elle a travaillé sur des problématiques liées au genre et au développement des entreprises féminines.

En 2022, elle intervient notamment comme responsable du développement des affaires au sein du département Genre, Femmes et Société civile de la BAD dans le cadre d’une initiative consacrée aux femmes entrepreneures.

Cette expérience rejoint un engagement personnel beaucoup plus ancien. Car pour Neima Ferreira, les questions d’éducation et d’autonomisation des filles ne relèvent pas uniquement de son travail dans une institution financière. Elles occupent également une place dans son engagement associatif.

Npili, permettre aux filles de commencer par l’éducation

En parallèle de sa carrière, Neima Ferreira est engagée depuis plusieurs années auprès de la Fundação Atena para a Criança e Mulher en Guinée-Bissau. Elle y agit comme ambassadrice de bonne volonté et participe au projet Npili School. L’initiative travaille notamment sur l’accès des filles à l’éducation, tout en accompagnant également leurs mères à travers la formation et le renforcement des capacités.

Neima Ferreira a aussi contribué au développement de Music4Npili, un événement culturel et caritatif destiné à soutenir l’éducation des filles et à mobiliser des partenaires autour des projets de la fondation. Cet engagement permet de comprendre une autre facette de son parcours.

Dans son activité professionnelle, elle travaille à attirer des millions de dollars vers des projets de développement.Dans son engagement personnel, l’échelle change, mais la logique reste proche : donner à quelqu’un les moyens d’accéder à une opportunité qu’il n’aurait peut-être pas eue autrement.

Un engagement poursuivi auprès de la jeunesse

Cette implication s’est poursuivie ces dernières années. En 2024, Neima Ferreira participe notamment à l’accompagnement de l’équipe de Guinée-Bissau engagée dans la compétition internationale de robotique FIRST Global. L’objectif dépasse la compétition. Il s’agit d’exposer des jeunes du pays aux sciences, à la technologie et à l’innovation et de leur permettre de développer de nouvelles compétences.

Cette attention portée aux filles et aux jeunes apparaît encore dans sa réaction à l’annonce de sa distinction aux Africa Next Awards. Elle y réaffirme son engagement à soutenir et inspirer les filles et les jeunes générations, avec une priorité donnée à l’éducation, au mentorat et à l’autonomisation.

Une économiste avec une solide formation internationale

Le parcours académique de Neima Ferreira correspond à cette carrière internationale. Elle est diplômée en économie de l’Université de Porto, où elle obtient également un master spécialisé en modélisation et simulation économique. Elle effectue aussi un échange académique à l’Université de São Paulo au Brésil.

Sa formation se poursuit tout au long de sa carrière avec des spécialisations en financement des PME, structuration de prêts, partenariats public-privé et préparation de projets d’investissement.

Elle est notamment certifiée en financement des PME par la Frankfurt School of Finance and Management et suit également une formation en évaluation et planification de projets d’investissement à l’Université de Bradford. Cette combinaison entre économie, finance et développement explique la diversité des fonctions qu’elle a occupées au fil des années.

Africa Next Awards 2026 : distinguer la professionnelle et l’engagement

Le 3 septembre 2026, aux Folies Bergère à Paris, les Africa Next Awards mettront ainsi à l’honneur un profil qui réunit deux formes d’impact. La première passe par les institutions.

À travers la Banque africaine de développement et le Pacte lusophone, Neima Ferreira travaille sur des projets représentant plusieurs centaines de millions de dollars et sur la mobilisation de capitaux privés destinés aux économies africaines lusophones.

La seconde est plus personnelle. Elle concerne l’éducation, les jeunes, les filles et les femmes de Guinée-Bissau qu’elle accompagne à travers différentes initiatives.

Sa distinction vient donc saluer une carrière dans la finance du développement, mais également une conception assez concrète de l’impact : faire en sorte que l’investissement, l’éducation et les opportunités puissent atteindre davantage de personnes.

Chronologie

2010

Première expérience à la Banque africaine de développement

2015

Young Professionals Program de la BAD

2018

Africa Investment Forum

3 septembre 2026

Africa Next Awards, Paris

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