Africa Next Awards 2026 : Olivia Yacé, la couronne n’était que le début
Révélée par Miss Côte d’Ivoire et Miss Monde, Olivia Yacé a transformé sa notoriété en influence, en projets et en engagement pour l’éducation, le tourisme et l’image de la Côte d’Ivoire.


La couronne n’était que le début
À première vue, l’histoire d’Olivia Yacé pourrait se résumer à quelques images devenues familières : une couronne, une écharpe ivoirienne, un podium international et cette assurance qui l’a rapidement rendue reconnaissable bien au-delà de la Côte d’Ivoire. Pourtant, cinq ans après son élection comme Miss Côte d’Ivoire, c’est probablement tout ce qui s’est construit autour de cette notoriété qui raconte le mieux son parcours.
Olivia Yacé appartient à une génération de personnalités africaines pour lesquelles la visibilité n’est plus seulement un aboutissement. Elle peut devenir un outil : pour porter un pays, défendre une image de l’Afrique, ouvrir des opportunités professionnelles ou attirer l’attention sur des causes qui auraient autrement beaucoup moins d’exposition.
Le 3 septembre 2026, aux Folies Bergère à Paris, les Africa Next Awards distingueront cette trajectoire. Un parcours qui commence bien avant les concours de beauté et qui, aujourd’hui, ne se limite plus à eux.
Avant Miss Côte d’Ivoire, il y avait déjà les podiums
Olivia Yacé n’a pas découvert la scène en 2021. Elle raconte elle-même avoir commencé le mannequinat à l’âge de 13 ans. Très tôt, les défilés deviennent pour elle un espace d’apprentissage : apprendre à tenir sous les regards, à maîtriser sa présence et à construire une confiance qui ne dépend pas uniquement de l’apparence. Sur sa présentation officielle pour Miss World, elle décrit d’ailleurs le mannequinat comme une école de courage et d’assurance davantage que comme un simple exercice esthétique.
Son parcours se structure progressivement. Elle passe par le centre John Casablancas en 2011, devient finaliste d’Elite Model Abidjan en 2014 et obtient une distinction dans le milieu de la mode ivoirienne en 2015. À côté des podiums, elle poursuit surtout ses études, avec une première formation universitaire en marketing et management.
Cette double construction, entre image et formation, explique en partie ce qui suivra. Olivia Yacé ne considère jamais vraiment les concours comme un monde séparé du reste de son parcours. Elle y entre avec les codes du mannequinat, mais aussi avec une idée assez claire de ce qu’elle veut raconter d’elle-même.
2021, l’année où tout change
Le 4 septembre 2021, Olivia Yacé est élue Miss Côte d’Ivoire. Quelques mois plus tard, elle représente son pays à Miss World.
La compétition va lui donner une dimension internationale. Elle ne se contente pas d’atteindre la finale : elle se distingue dans plusieurs épreuves, notamment le Top Model et les challenges consacrés au multimédia et à la prise de parole. Lors de la finale organisée le 16 mars 2022 à Porto Rico, elle termine deuxième dauphine de Miss Monde et reçoit le titre de Miss World Africa.
Pour la Côte d’Ivoire, le résultat est considérable. Pour Olivia Yacé, il change surtout l’échelle de sa notoriété. Celle qui était devenue quelques mois auparavant une personnalité nationale se retrouve désormais observée, sollicitée et suivie à l’international.
Mais ce qui marque peut-être davantage son passage à Miss World est la manière dont elle choisit de se présenter.
« Savoir qui l’on est pour savoir où l’on va »
Olivia Yacé revient régulièrement à cette idée. Sa devise personnelle, publiée par Miss World, tient en une phrase : « Know who you are to know where you are going. »
Chez elle, l’identité n’apparaît pas comme un élément de communication ajouté après coup. Elle raconte avoir grandi dans une famille qui lui a appris à assumer ses origines et sa culture, et cite notamment la reine Abla Pokou parmi les figures féminines africaines qui ont nourri son imaginaire.
Cette relation à l’identité va devenir l’un des éléments les plus reconnaissables de son image publique. Olivia Yacé se présente volontiers comme une femme contemporaine, internationale, à l’aise dans les codes de la mode et du luxe, sans considérer qu’il faille pour autant atténuer son africanité.
C’est précisément ce mélange qui lui permet de toucher un public dépassant largement celui des concours. Elle projette une certaine idée de la jeune femme africaine : ambitieuse, mobile, diplômée, consciente des codes internationaux, mais qui ne considère pas ses origines comme quelque chose qu’il faudrait gommer pour réussir ailleurs.
Porter la Côte d’Ivoire autrement
Quelques mois seulement après Miss World, sa visibilité prend une dimension institutionnelle. En 2022, Olivia Yacé devient ambassadrice du tourisme de Côte d’Ivoire.
La mission est cohérente avec son nouveau statut : utiliser sa notoriété pour faire connaître une destination, ses cultures, son patrimoine et son potentiel touristique. Mais le titre ne disparaît pas une fois l’effet Miss World passé.
Le 7 mai 2025, près de trois ans après sa nomination, elle est encore reçue officiellement par le ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana. Elle y présente plusieurs projets de promotion de la destination Côte d’Ivoire, dont une plateforme numérique consacrée au patrimoine culturel, naturel et touristique du pays. Le ministère souligne alors explicitement son rayonnement international et le rôle qu’elle joue dans la valorisation de l’image ivoirienne.
Cette continuité est importante. Elle montre que sa relation avec le tourisme ne repose pas uniquement sur un titre honorifique reçu après un concours. Olivia Yacé cherche progressivement à transformer sa visibilité en véritable capacité de promotion.
Elle a notamment accueilli et accompagné des personnalités internationales en Côte d’Ivoire dans le cadre d’initiatives destinées à leur faire découvrir le pays, ses paysages et sa diversité culturelle.
Pendant que l’image grandit, les études continuent
C’est une partie moins médiatisée de son histoire. Alors que sa notoriété pourrait facilement lui permettre de se concentrer uniquement sur les apparitions publiques, les contrats et les réseaux sociaux, Olivia Yacé continue de se former.
Après son cursus en marketing et management, elle poursuit ses études à Londres dans le domaine du luxe. Son parcours mentionne un master à Richmond American University London, avec une spécialisation en Luxury Brand Management et Event Planning.
Le choix n’est pas anodin. Il rejoint précisément les secteurs dans lesquels elle cherche à se professionnaliser : communication, image, mode, événementiel et management du luxe.
À partir de 2023, elle développe ainsi Olivia Yacé International, une activité présentée comme spécialisée dans la communication, la gestion de l’image, le marketing et le management du luxe. Elle commence alors à construire quelque chose que beaucoup de personnalités publiques ont du mal à réussir : faire passer son nom du statut de notoriété à celui de marque professionnelle.
Revenir sur scène lorsque l’on n’a plus rien à prouver
En 2025, Olivia Yacé surprend en revenant dans l’univers des concours internationaux. Quatre ans après Miss Côte d’Ivoire et après avoir déjà atteint le podium de Miss World, elle représente son pays à Miss Universe.
Le risque est réel. Revenir après un résultat aussi fort signifie aussi accepter de remettre son image en jeu.
À Bangkok, Olivia Yacé atteint une nouvelle fois le Top 5 mondial et termine quatrième dauphine de Miss Universe 2025. Elle reçoit également le titre continental de Miss Universe Africa & Oceania.
Quelques jours plus tard, elle choisit pourtant d’y renoncer.
La décision surprend beaucoup plus que son classement. Olivia Yacé annonce qu’elle abandonne le titre continental ainsi que toute future affiliation avec l’organisation Miss Universe. Le COMICI, titulaire ivoirien de la licence, officialise son retrait le 24 novembre 2025.
Dans sa prise de parole personnelle, elle met en avant quatre principes pour expliquer sa décision : le respect, la dignité, l’excellence et l’égalité des chances. Elle dit également vouloir rester un modèle pour la nouvelle génération, particulièrement pour les jeunes filles.
On peut discuter un classement ou débattre des polémiques qui ont entouré cette édition du concours. Mais une chose est beaucoup plus révélatrice dans son parcours : Olivia Yacé était désormais suffisamment installée pour choisir de quitter un titre international plutôt que de considérer qu’elle devait nécessairement s’y accrocher pour conserver sa visibilité.
L’éducation, une cause qui revient depuis le début
Il existe d’ailleurs un fil beaucoup plus ancien dans son parcours : l’éducation.
Bien avant la création d’une fondation portant son nom, Olivia Yacé expliquait déjà sur sa plateforme Miss World que « l’éducation pour tous » faisait partie des causes auxquelles elle était particulièrement attachée. Pour elle, étudier signifie élargir ses possibilités, choisir sa spécialisation et acquérir les outils permettant de construire sa propre trajectoire.
Cette idée a progressivement pris une forme plus structurée avec la Fondation Olivia Yacé, dont les orientations annoncées portent notamment sur l’éducation, les femmes et la lutte contre les inégalités.
L’intérêt n’est pas seulement philanthropique. Il correspond assez logiquement à l’image qu’Olivia Yacé cherche à défendre depuis plusieurs années : celle d’une réussite qui ne doit pas rester individuelle.
Son discours auprès des jeunes femmes insiste régulièrement sur la confiance, l’accès aux opportunités et la nécessité de ne pas se croire illégitime dans certains espaces. Son propre parcours nourrit évidemment ce message : une jeune femme ivoirienne peut être mannequin, diplômée, entrepreneure, ambassadrice, évoluer entre Abidjan, Londres ou les États-Unis et se retrouver sur les plus grandes scènes internationales sans choisir une seule identité au détriment des autres.
Ce qu’Olivia Yacé représente aujourd’hui
Il serait facile de présenter Olivia Yacé uniquement comme une ancienne reine de beauté devenue influenceuse. Ce serait passer à côté de l’essentiel.
Sa véritable singularité réside peut-être dans sa capacité à utiliser plusieurs univers qui, pendant longtemps, ont été considérés séparément : la beauté, les études, le luxe, l’entrepreneuriat, la représentation nationale et l’engagement social.
Elle ne renie pas l’univers qui l’a rendue célèbre. Au contraire, elle l’assume pleinement. Mais elle cherche à lui donner une suite.
Cette nuance est importante. Olivia Yacé ne construit pas son discours contre les concours de beauté. Elle semble plutôt défendre l’idée que la beauté peut être une porte d’entrée, à condition de savoir ce que l’on veut en faire ensuite.
Son parcours dit également quelque chose de l’évolution des figures publiques africaines. Une nouvelle génération apparaît, capable de maîtriser son image, de développer une marque personnelle, d’investir des secteurs économiques et créatifs, tout en faisant de son identité africaine une force de différenciation plutôt qu’un élément à dissimuler.
Une distinction qui arrive à un moment particulier
Le 3 septembre 2026, lorsque Olivia Yacé montera sur la scène des Folies Bergère à Paris dans le cadre des Africa Next Awards, la distinction interviendra presque exactement cinq ans après son élection comme Miss Côte d’Ivoire.
Cinq années seulement, mais suffisamment pour mesurer la transformation.
En 2021, le public découvrait une candidate. En 2022, l’Afrique célébrait une finaliste mondiale. Depuis, Olivia Yacé est devenue ambassadrice du tourisme ivoirien, s’est spécialisée dans le marketing et le management du luxe, a développé ses activités professionnelles, structuré son engagement social et retrouvé une nouvelle fois le Top 5 d’un concours mondial.
Sa trajectoire reste jeune. À ce stade, personne ne peut réellement savoir ce qu’elle en fera dans dix ou vingt ans.
Mais une chose est déjà claire : la couronne qui l’a fait connaître n’a jamais été pensée comme la dernière étape.
Chez Olivia Yacé, elle ressemblait plutôt à un commencement.

