Orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire : à quand le réveil de toute une nation ?
Plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal ont été démantelés depuis 2021, mais le phénomène persiste.


Une lutte massive, mais un phénomène qui résiste
La Côte d’Ivoire combat l’orpaillage clandestin depuis plusieurs années. Entre 2021 et le premier semestre 2026, plus de 8 500 sites illégaux ont été démantelés, selon un bilan présenté au Conseil national de sécurité. Des opérations sont régulièrement conduites sur le terrain et des équipements détruits ou saisis. Pourtant, la persistance du phénomène montre les limites d’une réponse reposant principalement sur la répression.
Quand l’or menace l’eau et les terres agricoles
Les dégâts dépassent largement les zones d’extraction. Le gouvernement cite la dégradation des terres agricoles, la pollution des sols et des cours d’eau par des produits chimiques ainsi que les conflits fonciers parmi les conséquences de l’orpaillage illégal. Dans le Sud-Comoé, les autorités ont notamment établi un lien entre l’activité clandestine et la pollution préoccupante des lagunes Tendo-Ehy et Aby. La pêche, l’accès à l’eau potable et les moyens de subsistance des populations riveraines sont directement concernés.
Derrière les orpailleurs, toute une chaîne à combattre
Le défi ne se limite pas aux hommes qui creusent sur les sites. L’exploitation clandestine nécessite du matériel, des financements, des circuits d’approvisionnement et des débouchés pour écouler l’or extrait. C’est pourquoi le ministre des Mines, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, appelle désormais les communautés à « rompre avec les réseaux » organisant cette exploitation. La lutte pose donc une question centrale : comment assécher durablement toute la chaîne économique qui permet au système de se renouveler ?
Faire de la lutte une cause nationale
L’État multiplie désormais répression, sensibilisation et programmes de réhabilitation. À Daoukro et Bouaflé, des projets de cartographie des zones touchées et de restauration des terres ont été lancés en 2026. Mais l’ampleur du phénomène impose également l’implication des communautés locales, des propriétaires terriens, des élus, des autorités traditionnelles et des acteurs économiques. Protéger les terres et les ressources en eau ne relève plus seulement de la politique minière : c’est un enjeu de sécurité, d’agriculture et de souveraineté environnementale.