Ce que dit le droit : mariage civil d’abord
Le droit ivoirien a construit un modèle où l’État confère la légalité du mariage, notamment via la loi de 1964 sur le mariage. Dans ce cadre, la polygamie est fréquemment présentée comme interdite depuis les années 1960. Résultat : une “épouse coutumière” peut exister socialement, mais son statut juridique n’est pas celui d’une épouse au sens civil (principe, à nuancer selon les situations).
Polygamie vs adultère : deux débats différents
Dire “il était marié coutumièrement à elle” ne suffit pas à prouver une polygamie légale : si le droit ne reconnaît pas l’union coutumière comme mariage civil, on ne parle pas du même objet juridique.  En revanche, si une personne est mariée civilement et entretient une relation durable hors mariage, cela peut relever de la faute conjugale (divorce pour faute) et, selon les textes applicables, de la notion pénale d’adultère.  Ici, tout dépend des faits établis (relation, durée, preuves) et de la version du droit en vigueur au moment exact.
Quand le récit public “complique” : protocole et légitimité
Le point le plus sensible n’est pas seulement juridique : c’est la scène publique. Dans beaucoup de systèmes, la “Première dame” est liée au statut d’épouse légale du chef de l’État. Si une autre femme apparaît comme compagne lors de déplacements présentés comme “officiels”, le débat bascule : protocole, symboles, respect des institutions, et lecture politique de la vie privée. Cette mise en récit peut aussi brouiller les repères : ce qui est “coutumier” dans la société n’est pas automatiquement “officiel” dans l’État.