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Crise au sommet : le PASTEF joue-t-il contre lui-même ?
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Crise au sommet : le PASTEF joue-t-il contre lui-même ?

La crise ouverte entre le président Bassirou Diomaye Faye et une partie du PASTEF place désormais le parti au pouvoir devant un choix décisif : durcir le rapport de force ou préserver sa capacité à gouverner.

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Le PASTEF face au risque de la rupture stratégique

Adopter une ligne de radicalisation contre le chef de l’État pourrait se révéler être une erreur stratégique majeure. Bassirou Diomaye Faye dispose encore de trois années de mandat pour manœuvrer, recomposer ses alliances et reprendre l’initiative politique. En choisissant l’affrontement frontal, le PASTEF risque de se placer lui-même dans une position délicate.

Bloquer durablement le fonctionnement du gouvernement peut, à terme, devenir contre-productif. Si la crise économique s’aggrave, une partie de l’opinion pourrait finir par imputer cette instabilité au PASTEF, davantage qu’au président lui-même. Car le Sénégal reste avant tout un pays d’électeurs, plus qu’un pays de militants figés.

Ceux qui sont descendus dans la rue hier pour soutenir le PASTEF contre Macky Sall sont parfois les mêmes qui, par le passé, avaient manifesté pour Macky Sall contre Abdoulaye Wade, puis pour Wade contre Abdou Diouf. L’histoire politique sénégalaise le montre : l’électorat n’est jamais définitivement acquis. Il se déplace, sanctionne, récompense, puis tourne la page.

Si l’alternance est une réalité forte au Sénégal, c’est précisément parce que le peuple sénégalais ne s’enferme pas durablement dans une fidélité partisane. Il juge les actes, les résultats, la stabilité et la capacité des dirigeants à répondre aux urgences du pays.

Dans ce contexte, l’intérêt du PASTEF serait sans doute d’assouplir sa position et de revenir à la table des négociations. Cette voie permettrait d’éviter à Ousmane Sonko de multiplier les conférences et les prises de parole défensives, au risque d’apparaître progressivement comme le principal facteur de tension.

Le silence de Bassirou Diomaye Faye doit aussi être observé avec attention. Le président n’a pas encore véritablement parlé. Et en politique, celui qui parle le dernier peut parfois reprendre la main sur le récit.

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