L’affaire née des insultes racistes de la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla vient de franchir un cap. Son avocat, Guillermo Duarte Cacavelos, a annoncé vouloir faire extrader Kylian Mbappé vers le Paraguay. Le motif invoqué : diffamation. Le capitaine des Bleus avait répondu publiquement aux propos de l’élue après la victoire française, dénonçant un racisme « méprisable ».
Selon l’avocat, puisque la diffamation est aussi punissable en France, une procédure permettrait d’obliger Mbappé à comparaître devant la justice paraguayenne. La démonstration est spectaculaire. Elle est surtout fausse.
Le droit français est sans ambiguïté. L’article 696-4 du Code de procédure pénale interdit l’extradition d’un ressortissant français. Mbappé est français. La menace s’arrête là, sur le papier comme dans les faits.
Le reste du décor n’aide pas la cause de la sénatrice. Le gouvernement paraguayen a pris ses distances avec Celeste Amarilla et présenté ses excuses à la France. De son côté, la Fédération française a saisi le parquet, qui a ouvert une procédure. Autrement dit : l’élue est lâchée par son propre pays, et c’est elle, désormais, que la justice française regarde.
Reste une question, celle que cette séquence pose sans jamais la nommer. Comment des propos racistes visant un joueur noir se retournent-ils, en quelques jours, en tentative d’intimidation judiciaire contre la victime ? La réponse de l’avocat n’avait aucune chance juridique. Elle avait une autre fonction : faire du bruit. Elle l’a fait.