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Politique

SÉNÉGAL : LE RETOUR DE MACKY SALL, PREMIER ACTE D’UNE NOUVELLE RECOMPOSITION POLITIQUE ?

Et si le retour de Macky Sall marquait le début d’un nouveau cycle politique au Sénégal ? Décryptage des rapports de force et des enjeux d’une recomposition aux conséquences majeures.

BERE TOURE
BERE TOURE Éditorialiste AxInfos
5 min de lecture
<h2><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="color:#ffffff;"><strong><span style="background-color:#e67e22;">&laquo; LA PIERRE REJETEE PEUT-ELLE DEVENIR LA PRINCIPALE ? &raquo;</span></strong></span></span></h2> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Cette citation africaine, qui &eacute;voque la revanche d&rsquo;un homme sur son destin, invite &agrave; s&rsquo;interroger sur le parcours d&rsquo;un dirigeant qui fut l&rsquo;un des principaux artisans de la transformation du S&eacute;n&eacute;gal, mais dont le nom demeure associ&eacute; aux plus graves crises politiques de l&rsquo;histoire r&eacute;cente du pays.</span></p> <hr /> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Macky Sall continue-t-il de susciter autant de m&eacute;fiance plus de deux ans apr&egrave;s avoir quitt&eacute; le pouvoir ? Et pourquoi son retour annonc&eacute; provoque-t-il d&eacute;j&agrave; autant d&rsquo;attentes, d&rsquo;inqui&eacute;tudes et de sp&eacute;culations ?<br /> Le 17 juillet 2026, l&rsquo;ancien pr&eacute;sident doit effectuer sa premi&egrave;re visite publique au S&eacute;n&eacute;gal depuis la passation de pouvoir &agrave; Bassirou Diomaye Faye en avril 2024. Officiellement, ce d&eacute;placement s&rsquo;inscrit dans sa campagne pour devenir secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral des Nations unies. Il doit rencontrer son successeur avant de poursuivre ses consultations diplomatiques. Install&eacute; au Maroc depuis son d&eacute;part, Macky Sall a &eacute;galement annonc&eacute; qu&rsquo;il reviendrait ensuite &agrave; Dakar pour retrouver ses partisans.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">&Agrave; premi&egrave;re vue, il ne s&rsquo;agit que d&rsquo;une visite institutionnelle. Pourtant, en politique, le calendrier transforme parfois un simple d&eacute;placement en &eacute;v&eacute;nement.<br /> Macky Sall revient dans un contexte in&eacute;dit. Le pouvoir issu de l&rsquo;alternance de 2024 s&rsquo;est progressivement fractur&eacute;. Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, longtemps pr&eacute;sent&eacute;s comme les deux visages d&rsquo;un m&ecirc;me projet, incarnent d&eacute;sormais deux centres de pouvoir.<br /> Sonko a quitt&eacute; la Primature pour prendre la pr&eacute;sidence de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale, o&ugrave; le PASTEF conserve une solide majorit&eacute;. Face &agrave; lui, Diomaye Faye dirige l&rsquo;ex&eacute;cutif et cherche &agrave; construire sa propre base politique. Les divergences portent autant sur les orientations &eacute;conomiques que sur les ambitions pour 2029, les fonds politiques ou encore la conception de l&rsquo;autorit&eacute; pr&eacute;sidentielle. La rupture est devenue institutionnelle lorsque la majorit&eacute; parlementaire a adopt&eacute; une r&eacute;forme destin&eacute;e &agrave; renforcer les pouvoirs du Parlement, cr&eacute;er une Cour constitutionnelle et limiter davantage le pouvoir pr&eacute;sidentiel de dissoudre l&rsquo;Assembl&eacute;e. Bassirou Diomaye Faye a saisi le Conseil constitutionnel, qui a finalement rejet&eacute; le texte. L&rsquo;image &eacute;tait saisissante : le pr&eacute;sident demandait aux juges d&rsquo;annuler une r&eacute;forme vot&eacute;e par la majorit&eacute; issue du mouvement qui l&rsquo;avait port&eacute; au pouvoir.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">C&rsquo;est dans cette br&egrave;che que revient Macky Sall.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Il ne revient peut-&ecirc;tre pas pour reconqu&eacute;rir le pouvoir. Mais sa seule pr&eacute;sence pourrait suffire &agrave; modifier les rapports de force qui structurent d&eacute;sormais la vie politique s&eacute;n&eacute;galaise.</span></p> <h2><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="color:#ffffff;"><strong><span style="background-color:#2980b9;">UN HOMME REJETE, MAIS JAMAIS POLITIQUEMENT EFFACE</span></strong></span></span></h2> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Macky Sall a quitt&eacute; la pr&eacute;sidence dans un climat d&rsquo;hostilit&eacute; qui semblait le condamner &agrave; une longue travers&eacute;e du d&eacute;sert. Pourtant, il ne revient pas sans ressources.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Il demeure le fondateur et le chef de l&rsquo;Alliance pour la R&eacute;publique (APR). Si le parti a perdu le pouvoir en 2024, il conserve des &eacute;lus, des cadres exp&eacute;riment&eacute;s, un solide ancrage territorial et l&rsquo;h&eacute;ritage de douze ann&eacute;es d&rsquo;exercice du pouvoir. D&egrave;s mars 2026, Macky Sall a relanc&eacute; sa restructuration en demandant &agrave; ses responsables de remettre le parti en ordre de bataille. L&rsquo;accueil pr&eacute;par&eacute; pour son retour vise d&rsquo;ailleurs &agrave; d&eacute;montrer que son leadership reste intact.</span><br /> <span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span class="marker">Son influence repose aussi sur un bilan mat&eacute;riel difficile &agrave; effacer.</span><br /> Arriv&eacute; au pouvoir en 2012, il a fait des infrastructures, de l&rsquo;&eacute;nergie et de l&rsquo;attractivit&eacute; &eacute;conomique les piliers du Plan S&eacute;n&eacute;gal &eacute;mergent lanc&eacute; en 2014. Le Train express r&eacute;gional, le Bus Rapid Transit, les autoroutes, la ville nouvelle de Diamniadio ou encore les investissements &eacute;nerg&eacute;tiques ont profond&eacute;ment transform&eacute; le territoire, en particulier autour de Dakar.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Le BRT, inaugur&eacute; en 2024, est devenu le premier r&eacute;seau de bus rapides enti&egrave;rement &eacute;lectrique d&rsquo;Afrique. Selon la Banque mondiale, il peut transporter pr&egrave;s de 300 000 voyageurs par jour et r&eacute;duire certains trajets entre Dakar et Gu&eacute;diawaye de 95 &agrave; 45 minutes. La m&ecirc;me institution rappelle &eacute;galement que le S&eacute;n&eacute;gal a enregistr&eacute; plus de 6 % de croissance annuelle pendant cinq ann&eacute;es cons&eacute;cutives avant la pand&eacute;mie.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Ces r&eacute;alisations n&rsquo;effacent ni les in&eacute;galit&eacute;s ni les difficult&eacute;s sociales. Elles offrent n&eacute;anmoins &agrave; Macky Sall un argument politique concret : celui d&rsquo;un &Eacute;tat qui planifiait, investissait et construisait sur le long terme. &Agrave; mesure que le pouvoir actuel se heurte aux contraintes budg&eacute;taires, aux attentes sociales et &agrave; ses propres divisions, cette image de b&acirc;tisseur peut retrouver un certain &eacute;cho aupr&egrave;s d&rsquo;une partie de l&rsquo;opinion.</span></p> <h2><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="color:#ffffff;"><strong><span style="background-color:#2980b9;">LE POIDS DES BLESSURES LAISSEES DERRIERE LUI</span></strong></span></span></h2> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Le retour de Macky Sall ne peut toutefois &ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute; comme celui d&rsquo;un homme dont la r&eacute;habilitation serait d&eacute;j&agrave; acquise.<br /> Les derni&egrave;res ann&eacute;es de son pouvoir ont profond&eacute;ment d&eacute;t&eacute;rior&eacute; sa relation avec une partie de la soci&eacute;t&eacute; s&eacute;n&eacute;galaise. &Agrave; partir de 2021, l&rsquo;arrestation d&rsquo;Ousmane Sonko dans l&rsquo;affaire Adji Sarr provoque plusieurs vagues de manifestations. Les autorit&eacute;s d&eacute;noncent alors des tentatives d&rsquo;insurrection, tandis que l&rsquo;opposition accuse le pouvoir d&rsquo;utiliser la justice pour &eacute;carter son principal adversaire. Les affrontements, les restrictions impos&eacute;es aux manifestations et les coupures de certains moyens de communication ont durablement rompu le lien entre le pouvoir et une partie de la jeunesse.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">&Agrave; cette crise s&rsquo;est ajout&eacute;e l&rsquo;incertitude autour d&rsquo;une &eacute;ventuelle troisi&egrave;me candidature. Macky Sall y renonce finalement le 3 juillet 2023, mais son silence prolong&eacute; avait d&eacute;j&agrave; nourri la d&eacute;fiance.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Puis, en f&eacute;vrier 2024, il annonce le report de l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle en invoquant les contestations du processus &eacute;lectoral. Le Conseil constitutionnel annule cette d&eacute;cision et impose la tenue du scrutin avant la fin de son mandat. Cet &eacute;pisode reste l&rsquo;un des plus controvers&eacute;s de son h&eacute;ritage politique.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Apr&egrave;s son d&eacute;part, les critiques se sont d&eacute;plac&eacute;es vers la gestion des finances publiques.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Les audits ont mis en &eacute;vidence une sous-&eacute;valuation importante du d&eacute;ficit et de la dette. Le FMI estime provisoirement la dette de l&rsquo;administration centrale &agrave; 105,7 % du PIB fin 2024, avec un d&eacute;ficit budg&eacute;taire de 11,7 %. Les v&eacute;rifications men&eacute;es par les autorit&eacute;s s&eacute;n&eacute;galaises, la Cour des comptes et un cabinet international ont conduit le Fonds &agrave; ouvrir une proc&eacute;dure pour d&eacute;claration erron&eacute;e de donn&eacute;es publiques. Macky Sall rejette ces accusations, tout comme plusieurs anciens responsables de son administration.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Ces controverses rendent difficile toute image consensuelle de l&rsquo;ancien pr&eacute;sident. Elles expliquent pourquoi son retour pourrait autant mobiliser ses soutiens que raviver l&rsquo;opposition de ses d&eacute;tracteurs.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span class="marker">Mais elles n&rsquo;effacent pas son influence. Elles la rendent plus clivante.</span></span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Or, dans un paysage politique d&eacute;sormais fragment&eacute;, une influence clivante peut aussi devenir un levier de n&eacute;gociation.</span></p> <h2><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="color:#ffffff;"><strong><span style="background-color:#2980b9;">L&rsquo;APR, POSSIBLE TRAIT D&rsquo;UNION DU NOUVEL ORDRE POLITIQUE</span></strong></span></span></h2> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">La v&eacute;ritable question n&rsquo;est donc pas de savoir si Macky Sall peut redevenir pr&eacute;sident. La Constitution et le contexte politique rendent cette hypoth&egrave;se peu probable. L&rsquo;enjeu est ailleurs : que peut-il encore faire de l&rsquo;appareil politique qu&rsquo;il a construit ?</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Depuis la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, deux p&ocirc;les cherchent &agrave; s&rsquo;imposer.<br /> Le premier est celui du PASTEF, dirig&eacute; par Sonko, qui conserve une solide majorit&eacute; parlementaire, une forte implantation militante et un discours souverainiste.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Le second se construit autour du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Bassirou Diomaye Faye entend d&eacute;sormais structurer sa propre organisation politique afin de porter sa ligne et d&rsquo;&eacute;largir sa majorit&eacute; au-del&agrave; du PASTEF. Mais ce futur p&ocirc;le pr&eacute;sidentiel aura besoin de relais locaux, d&rsquo;&eacute;lus exp&eacute;riment&eacute;s et d&rsquo;un appareil politique capable d&rsquo;occuper le terrain. C&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment ce que l&rsquo;APR poss&egrave;de encore. Aucun rapprochement officiel entre Macky Sall et Bassirou Diomaye Faye n&rsquo;est aujourd&rsquo;hui &eacute;tabli. Une telle alliance serait d&rsquo;ailleurs politiquement d&eacute;licate : Diomaye Faye a &eacute;t&eacute; &eacute;lu sur la promesse de rompre avec le syst&egrave;me incarn&eacute; par son pr&eacute;d&eacute;cesseur. Pourtant, plusieurs responsables de l&rsquo;APR &eacute;voquent d&eacute;j&agrave; les rumeurs de contacts entre les deux camps. Leur simple circulation r&eacute;v&egrave;le que l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une recomposition politique est d&eacute;sormais prise au s&eacute;rieux.<br /> Une alliance ouverte para&icirc;t peu probable &agrave; court terme. En revanche, des convergences ponctuelles sont envisageables : coop&eacute;ration parlementaire sur certains textes, ralliements individuels d&rsquo;anciens cadres de l&rsquo;APR, accords lors d&rsquo;&eacute;lections locales ou constitution d&rsquo;un front favorable au maintien d&rsquo;un r&eacute;gime pr&eacute;sidentiel fort.<br /> Dans cette configuration, Macky Sall agirait moins comme le chef d&rsquo;une nouvelle majorit&eacute; que comme le d&eacute;tenteur d&rsquo;un r&eacute;seau politique encore indispensable. L&rsquo;APR pourrait apporter au camp pr&eacute;sidentiel ce qui lui manque : une implantation territoriale, une exp&eacute;rience gouvernementale et des responsables capables de structurer une majorit&eacute; durable.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">En retour, un rapprochement offrirait aussi &agrave; l&rsquo;APR une porte de sortie apr&egrave;s sa d&eacute;faite de 2024. Le parti retrouverait une capacit&eacute; d&rsquo;influence sans devoir imm&eacute;diatement engager une reconqu&ecirc;te du pouvoir.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Cette strat&eacute;gie comporte toutefois des risques.<br /> Pour Bassirou Diomaye Faye, celui de d&eacute;cevoir les &eacute;lecteurs qui avaient vot&eacute; pour rompre avec l&rsquo;ancien r&eacute;gime.<br /> Pour Macky Sall, celui d&rsquo;appara&icirc;tre comme l&rsquo;homme des compromis plut&ocirc;t que comme celui du rassemblement.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Pour l&rsquo;APR, celui de perdre progressivement son identit&eacute; en devenant une simple force d&rsquo;appoint.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Enfin, pour Ousmane Sonko, l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;un axe r&eacute;unissant une partie du camp pr&eacute;sidentiel et des anciens responsables de l&rsquo;APR constituerait sans doute le d&eacute;fi politique le plus s&eacute;rieux depuis l&rsquo;alternance de 2024.</span></p> <h2><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="color:#ffffff;"><strong><span style="background-color:#2980b9;">REVENIR POUR RECONQUERIR OU REVENIR POUR ARBITRER ?</span></strong></span></span></h2> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Tout d&eacute;pendra d&eacute;sormais de la posture que choisira Macky Sall.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">S&rsquo;il revient comme le chef d&rsquo;un camp d&eacute;termin&eacute; &agrave; transformer les difficult&eacute;s du pouvoir actuel en revanche politique, il consolidera sans doute l&rsquo;APR. Mais il renforcera aussi le r&eacute;cit d&eacute;fendu par Ousmane Sonko : celui d&rsquo;un ancien syst&egrave;me qui cherche &agrave; reprendre ce que les &eacute;lecteurs lui ont retir&eacute;.<br /> S&rsquo;il limite son retour &agrave; sa campagne pour le secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral des Nations unies, son influence sur la sc&egrave;ne nationale restera essentiellement symbolique. Son image internationale pourrait en sortir renforc&eacute;e, sans modifier les &eacute;quilibres politiques s&eacute;n&eacute;galais.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Une troisi&egrave;me voie demeure toutefois possible : <strong>celle de l&rsquo;arbitre.</strong></span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Macky Sall pourrait restructurer son parti, encourager le dialogue avec les nouvelles autorit&eacute;s et contribuer &agrave; l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une opposition r&eacute;publicaine capable de peser sans chercher &agrave; gouverner imm&eacute;diatement. Une telle posture serait coh&eacute;rente avec son ambition internationale : celui qui aspire &agrave; diriger l&rsquo;ONU devrait d&rsquo;abord d&eacute;montrer sa capacit&eacute; &agrave; favoriser l&rsquo;apaisement dans son propre pays.<br /> Ce sc&eacute;nario ne ferait pas de lui le sauveur du S&eacute;n&eacute;gal. Aucun ancien pr&eacute;sident ne peut pr&eacute;tendre r&eacute;parer seul les fragilit&eacute;s d&rsquo;une d&eacute;mocratie qu&rsquo;il a lui-m&ecirc;me dirig&eacute;e pendant douze ans. En revanche, il pourrait devenir l&rsquo;un des acteurs capables d&rsquo;&eacute;viter que la rivalit&eacute; entre la pr&eacute;sidence et la majorit&eacute; parlementaire ne d&eacute;bouche sur un blocage durable des institutions.<br /> Le S&eacute;n&eacute;gal entrerait alors dans une nouvelle configuration politique : Ousmane Sonko &agrave; la t&ecirc;te d&rsquo;un PASTEF dominant au Parlement ; Bassirou Diomaye Faye autour d&rsquo;un mouvement pr&eacute;sidentiel en construction ; et Macky Sall &agrave; la t&ecirc;te d&rsquo;une formation ancienne, mais encore suffisamment structur&eacute;e pour influencer les futures alliances.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Le retour annonc&eacute; du 17 juillet n&rsquo;est peut-&ecirc;tre, en apparence, qu&rsquo;une &eacute;tape diplomatique. Pourtant, il intervient au moment o&ugrave; le syst&egrave;me politique s&eacute;n&eacute;galais cherche un nouvel &eacute;quilibre. Il suffit parfois d&rsquo;une pr&eacute;sence, de quelques signaux et d&rsquo;une fen&ecirc;tre politique favorable pour acc&eacute;l&eacute;rer des recompositions jusque-l&agrave; inimaginables.</span></p> <h2><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><span style="color:#ffffff;"><strong><span style="background-color:#2980b9;">ET SI L&rsquo;ENFANT REJETE FAISAIT SON GRAND RETOUR ?</span></strong></span></span></h2> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Pas n&eacute;cessairement pour retrouver le fauteuil pr&eacute;sidentiel.<br /> Pas davantage pour effacer les blessures laiss&eacute;es par son exercice du pouvoir.<br /> Mais peut-&ecirc;tre pour rappeler qu&rsquo;en politique, un homme ne dispara&icirc;t jamais totalement tant que subsistent le parti qu&rsquo;il a b&acirc;ti, les r&eacute;alisations qu&rsquo;il revendique et les r&eacute;seaux qu&rsquo;il continue d&rsquo;influencer.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;"><cite><strong>&laquo; La pierre rejet&eacute;e peut-elle devenir la principale ? &raquo;</strong></cite><br /> Peut-&ecirc;tre.<br /> Mais elle ne le deviendra ni par la nostalgie, ni par les difficult&eacute;s de ses adversaires. Elle devra convaincre qu&rsquo;elle peut encore contribuer &agrave; la stabilit&eacute; de l&rsquo;&eacute;difice politique sans chercher &agrave; s&rsquo;y substituer.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Le v&eacute;ritable enjeu de ce retour ne r&eacute;sidera donc pas dans l&rsquo;accueil r&eacute;serv&eacute; &agrave; Macky Sall, mais dans ce qui suivra : la strat&eacute;gie qu&rsquo;il imprimera &agrave; l&rsquo;APR, la nature de ses relations avec Bassirou Diomaye Faye et la r&eacute;ponse qu&rsquo;Ousmane Sonko apportera &agrave; cette nouvelle donne.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">C&rsquo;est l&agrave; que se jouera la port&eacute;e r&eacute;elle de son retour.</span></p> <p><span style="font-family:Times New Roman,Times,serif;">Non pas dans le pass&eacute; qu&rsquo;il incarne encore, mais dans l&rsquo;avenir qu&rsquo;il pourrait contribuer &agrave; fa&ccedil;onner.</span></p>
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