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UA-AES : Ouagadougou réclame une reformation de l'Union Africaine

Le Burkina Faso appelle à une transformation profonde de l'Union Africaine. À Ouagadougou, le premier ministre a dénoncé le silence de l'UA face à la crise sécuritaire au Sahel. Il …

Ouattara Zana Abou
Ouattara Zana Abou Expert Géopolitique
5 min de lecture Afrique
UA-AES : Ouagadougou réclame une reformation de l'Union Africaine
© AxInfos/J. Dupont

Le Burkina Faso appelle à une transformation profonde de l'Union Africaine. À Ouagadougou, le premier ministre a dénoncé le silence de l'UA face à la …

— Ouattara Zana Abou

Un réquisitoire frontal contre l'Union Africaine 

 À Ouagadougou, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a livré un message sans détour devant le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf. Le Premier ministre burkinabè a appelé à une refondation de l’organisation continentale. Il estime que l’UA doit mieux défendre les intérêts des peuples africains. Son interrogation, « L’Union africaine est-elle véritablement une union ? Est-elle véritablement africaine ? », résume la portée politique de son propos. 

Le Sahel au cœur de la critique 

Le chef du gouvernement burkinabè a surtout dénoncé ce qu’il considère comme le silence de l’organisation face à la crise sécuritaire au Sahel. Pour Ouagadougou, le conflit en cours ne relève pas seulement du terrorisme, mais d’une « guerre de recolonisation ». Cette lecture s’inscrit dans la ligne souverainiste défendue par les autorités burkinabè depuis plusieurs années. Elle place la question sécuritaire au centre du débat sur l’efficacité réelle de l’Union africaine.

La dépendance financière pointée du doigt 

Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a également critiqué la dépendance financière de l’UA envers des partenaires extérieurs. Pour lui, une organisation financée en grande partie par des puissances étrangères ne peut pas pleinement incarner la souveraineté africaine. Cette critique vise un sujet ancien mais toujours sensible : la capacité du continent à financer ses propres institutions. Ouagadougou appelle ainsi à une Union africaine moins dépendante, plus autonome et plus alignée sur les priorités africaines.

Une visite à forte portée diplomatique 

 La présence de Mahamoud Ali Youssouf à Ouagadougou donne une dimension continentale à cette séquence. Le Burkina Faso, engagé dans une transition politique et confronté à une crise sécuritaire majeure, cherche à imposer son récit dans les débats africains. Le message envoyé est clair : l’UA doit changer de posture si elle veut rester crédible auprès des États sahéliens. Reste à savoir si cet appel débouchera sur un dialogue de réforme ou sur une nouvelle ligne de fracture entre Ouagadougou et Addis-Abeba.

Une reformation plus profonde peut-elle réellement rendre cette organisation continentale plus efficace selon le désir des sahéliens ?

# ua # aes # diplomatie # politique # afrique de l'ouest
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