Amal El Fallah Seghrouchni
Ministre déléguée auprès du Chef du Gouvernement, chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’Administration du Royaume du Maroc
Amal El Fallah Seghrouchni est une scientifique marocaine reconnue pour ses travaux dans le domaine de l’intelligence artificielle, de l’intelligence artificielle distribuée et des systèmes multi-agents. Son parcours se distingue par une continuité rare entre recherche académique, innovation technologique, coopération internationale et action publique.
Après des études en mathématiques et en informatique, elle poursuit sa formation en France et soutient en 1991 une thèse au LIP6, laboratoire rattaché à Sorbonne Université et au CNRS, consacrée aux architectures de connaissances distribuées. Elle construit ensuite une carrière universitaire de haut niveau autour de l’intelligence artificielle, devient professeure de classe exceptionnelle à Sorbonne Université et dirige de nombreux travaux de recherche liés aux systèmes intelligents, à la coordination entre agents autonomes et à la prise de décision.
Au fil de sa carrière, elle développe également de nombreuses collaborations internationales et industrielles. Ses travaux la conduisent à intervenir dans plusieurs pays et à collaborer avec des acteurs majeurs du monde technologique et scientifique. Elle travaille notamment sur des projets liés à l’intelligence artificielle appliquée, à la gouvernance des systèmes complexes et à l’innovation responsable.
Son parcours prend une dimension africaine majeure avec AI Movement, centre international d’intelligence artificielle développé à l’Université Mohammed VI Polytechnique. Elle participe activement à sa création et à son rayonnement, avant d’en devenir présidente exécutive puis présidente honoraire. À travers cette initiative, elle défend une vision claire : l’Afrique ne doit pas seulement consommer les technologies développées ailleurs, elle doit aussi créer ses propres solutions, former ses talents et maîtriser les grands enjeux liés à la donnée, aux infrastructures et à l’intelligence artificielle.
Cette ambition prend une dimension internationale lorsque AI Movement devient, en 2024, le premier centre africain consacré à l’intelligence artificielle placé sous les auspices de l’UNESCO en tant que centre de catégorie 2. À cette période, Amal El Fallah Seghrouchni participe également à une réflexion plus large sur la gouvernance responsable de l’intelligence artificielle, l’inclusion, l’éthique et la souveraineté technologique.
Le 23 octobre 2024, elle est nommée ministre déléguée auprès du Chef du Gouvernement, chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’Administration. Son entrée au gouvernement marque un changement d’échelle dans son parcours. Après plus de trente ans consacrés à la recherche et à l’innovation, elle se retrouve chargée de traduire une partie de cette expertise dans les politiques publiques du Royaume.
Depuis sa nomination, son action s’inscrit dans l’accélération de la transformation numérique du Maroc et dans la structuration d’une stratégie nationale plus ambitieuse autour de l’intelligence artificielle. Les Assises nationales de l’IA, organisées en 2025, marquent une étape importante dans cette dynamique. Elles sont suivies par le développement de plusieurs programmes structurants autour de l’écosystème AI Made in Morocco, des Instituts JAZARI, des infrastructures numériques, de la modernisation de l’administration, de la formation des talents et de la souveraineté technologique.
La feuille de route Maroc pour l’intelligence artificielle 2030 fixe notamment des objectifs ambitieux en matière de création de valeur, d’emploi, de formation et de développement des compétences. Elle repose également sur une vision plus large de la souveraineté numérique, qui inclut les centres de données, le cloud, les capacités de calcul, la maîtrise des données, la recherche, les modèles linguistiques adaptés au contexte marocain et le développement de solutions technologiques souveraines.
Amal El Fallah Seghrouchni défend une conception ouverte de la souveraineté numérique. Pour elle, il ne s’agit pas d’isoler le Maroc des grandes dynamiques technologiques internationales, mais de lui permettre de rester maître de ses choix stratégiques, de ses données, de ses infrastructures et de ses compétences tout en développant des partenariats avec des acteurs internationaux de référence.
La dimension humaine occupe également une place importante dans son action. Elle met l’accent sur la formation des jeunes, le développement des compétences numériques, l’inclusion, la place des femmes dans les filières scientifiques et technologiques et l’accès des territoires aux nouvelles opportunités offertes par le numérique et l’intelligence artificielle.
Son parcours est aussi marqué par une vision africaine constante. Bien avant son entrée au gouvernement, elle défendait déjà l’idée que l’innovation en intelligence artificielle pouvait venir du continent. Cette conviction continue d’accompagner son action, notamment à travers les coopérations menées avec des institutions africaines et internationales, les programmes de formation, les projets liés à la gouvernance numérique et les initiatives destinées à renforcer les capacités technologiques du continent.
En septembre 2026, elle reçoit à Paris, lors des Africa Next Awards, le Prix d’Excellence Africain « Intelligence Artificielle, Souveraineté Numérique et Innovation Publique », une distinction qui vient saluer son parcours scientifique, sa vision et son implication dans la transformation numérique, l’innovation publique et la souveraineté technologique.
Amal El Fallah Seghrouchni incarne aujourd’hui une trajectoire singulière : celle d’une scientifique ayant consacré plus de trente ans à l’intelligence artificielle avant de se retrouver au cœur des grands chantiers numériques du Maroc. Une trajectoire qui relie recherche, innovation, administration, souveraineté, formation et ambition africaine, avec un horizon désormais clairement inscrit dans la transformation du Royaume à l’horizon 2030.