Serigne Fallou Mbacké, le choix de l'ouverture pour Tabax-Construire
En nommant Serigne Fallou Mbacké à sa vice-présidence, le parti de Boubacar Camara dit quelque chose de l'avenir qu'il veut se donner : une formation tournée vers le monde, adossée à la compétence et prête à faire confiance à la jeunesse.


Je le dis d'emblée, par honnêteté envers nos lecteurs. Serigne Fallou Mbacké est un ami et un contributeur régulier d’AxInfos. Ce lien ne m'autorise pas à l'encenser. Il m'autorise en revanche à témoigner de ce que j'ai vu de près.
J’ai rencontré Serigne Fallou Mbacké dans les murs de l’École des hautes études internationales et politiques de Paris, où nous étions tous deux apprenants, aspirant au diplôme d’expert en relations et coopération internationales. Diplôme que nous avons obtenu deux ans plus tard.
Son parcours dessine une trajectoire peu commune. À Paris, au sein de l’ambassade de la République du Sénégal en France, il s’est frotté à la diplomatie publique, cet art de porter la voix d’un pays auprès de ceux qui le regardent de loin. À Rome, comme consultant international auprès du cabinet Verrecchia, il côtoie le droit international et les logiques des grands groupes d’investisseurs. À Dakar enfin, consultant stratégique chez Seriop Capital, il travaille au plus près des réalités économiques du pays.
De ce parcours, on doit retenir que Fallou a été confronté non seulement aux décisions institutionnelles, aux aspirations des décideurs et des bailleurs de fonds, mais aussi aux réalités du terrain, à Dakar comme à Touba, d’où il est originaire. Il ne passe d’ailleurs jamais plus d’un mois sans s’y rendre afin d’être au plus près des habitants.
Ce profil arrive au moment où Tabax-Construire en a précisément besoin. Son président, Boubacar Camara, ancien directeur général des Douanes, siège aujourd’hui au gouvernement. C’est une reconnaissance pour le parti, mais aussi une épreuve. Quand le chef est absorbé par les charges de l’État, l’appareil risque de s’assoupir, les militants de se sentir orphelins et le projet de se diluer dans l’action gouvernementale.
Un parti qui a choisi de s’appeler « Construire » ne peut pas se contenter d’attendre. Il lui faut des cadres capables d’animer, d’expliquer, de proposer et de porter le projet là où son président ne peut plus être chaque jour.
Cette nomination s’inscrit aussi dans un mouvement plus large. Depuis l’alternance de 2024, les Sénégalais ont montré qu’ils attendaient de la politique autre chose que la reconduction des mêmes visages et des mêmes méthodes. La compétence, l’intégrité et l’ouverture sur le monde sont devenues des exigences. La diaspora, longtemps réduite au rôle de pourvoyeuse de transferts d’argent, revendique désormais une place dans la conception même du projet national. Un vice-président qui a travaillé à Paris et à Rome avant de revenir exercer à Dakar incarne ce pont.
Reste qu’un titre n’est pas égal à un bilan. La vice-présidence d’un parti se mérite chaque jour, dans les sections, dans les quartiers, dans les débats et parfois dans les désaccords assumés avec son propre camp. C’est là que Serigne Fallou Mbacké sera attendu. C’est là que je l’attends aussi, avec l’exigence que l’on doit à ceux en qui l’on croit.
À lui de jouer. Et à Tabax-Construire de prouver que ce choix n’était pas qu’un symbole.


